ENERGIES RENOUVELABLES. La station de sports d'hiver de Serre Chevalier (Hautes-Alpes) lance un programme visant à lui permettre de couvrir 30 % de ses besoins électriques grâce à des sources renouvelables locales. Trois technologies seront mobilisées d'ici à 2021 : l'hydroélectricité, le solaire et l'éolien. Sommets et vallées sont des lieux privilégiés pour ces EnR.

Serre Chevalier Vallée (filiale de la Compagnie des Alpes) veut proposer un ski plus vert. La station de sports d'hiver des Hautes-Alpes s'apprête à investir 3,6 M€, avec l'aide de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur et de la Caisse des Dépôts, afin de produire un tiers de son électricité de façon plus durable. Le déploiement de trois technologies se fera entre 2018 et 2021 : de l'hydroélectricité, du photovoltaïque et du micro-éolien. Le gisement de ces énergies renouvelables est en effet abondant dans les montagnes, comme l'explique le délégataire de service public : "Avec 2.500 heures annuelles d'ensoleillement, un réseau dense de bassins versants et des cols d'altitude bien exposés au vent, Serre Chevalier dispose d'un riche patrimoine EnR". Une ressource que la station compte mobiliser à son avantage pour produire 4,5 GWh de courant et alimenter en partie ses 58 remontées mécaniques, tout son système de neige de culture (pas moins de 14 salles des machines et 577 enneigeurs) ainsi que ses bâtiments de service. Car l'exploitation de tout un domaine skiable est gourmande en énergie : la consommation annuelle s'élève à 14,5 GWh.

 

Des énergies locales à valoriser sans tout bouleverser

 

Les infrastructures consommatrices d'énergie serviront de support aux équipements de production d'électricité : gares de remontées mécaniques, réseau de neige de culture et bâtiments. Concrètement, pour l'hydroélectricité par exemple, l'eau sera captée sur deux sites (Chantemerle et Villeneuve-le-Bez), filtrée et nettoyée des sédiments, acheminée par les canalisations existantes puis passées par les turbines où elles produiront de l'électricité. L'impact sur le paysage sera nul, puisque les équipements existent déjà. Côté énergie solaire, 1.420 panneaux seront installés sur une dizaine de sites du domaine, principalement des toitures. Les 2.370 m² de capteurs souples produiront environ 527.000 kWh. La technologie a été développée localement par Sunwind tandis que l'assemblage sera réalisé en grande partie dans le Briançonnais. Enfin, pour le micro-éolien, deux modèles différents seront prochainement testés afin de vérifier leur comportement face aux conditions climatiques d'altitude et leur insertion paysagère. Un modèle estonien à axe vertical de moins de 12 mètres de haut et 10 kW de puissance, sera installé et entretenu par Enerlis. Le second, de 6 mètres de haut et 5 kW, à axe horizontal, sera de conception française : Collaborative Energy, société iséroise, utilisera même des pales en bois fabriquées dans le Briançonnais. Les travaux de chaudronnerie de la structure seront également réalisés localement.

 

Le directeur général de Serre Chevalier Vallée, Patrick Arnaud, conclut : "Au-delà de l'ambition, il faut retenir notre volonté à faire de la station un réel support de production d'énergie et la capacité du projet à être duplicable au sein de plusieurs autres domaines skiables". La Compagnie des Alpes déploiera-t-elle les mêmes trésors d'ingéniosité dans d'autres stations qu'elle gère, comme Tignes-Val d'Isère, Méribel-Les Ménuires, Les Arcs-La Plagne ou les Deux Alpes ? Dans les Pyrénées, quatre stations gérées par Altiservice ont déjà conclu un accord avec CNR pour être approvisionnées à 100 % en renouvelables, depuis fin 2013…

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