CONJONCTURE. Les dernières données publiées par Syntec Ingénierie montre que le secteur reste dans une situation délicate. Les prises de commandes ne s'améliorent pas, alors même qu'un récent décret pourrait encore venir les fragiliser, estiment les professionnels

L'ingénierie privée est inquiète. Comme beaucoup d'autres secteurs, elle souffre de l'impact de l'épidémie de covid-19. Et les prochains mois ne semblent guère être orientés vers une amélioration, alors même qu'un décret du 18 juin 2020 étendant les missions de l'assistance technique des départements à la maîtrise d'œuvre pourrait, selon les professionnels, les fragiliser davantage.

 

Sans compter que selon le dernier bulletin économique de Syntec Ingénierie, les prises de commandes ne s'améliorent toujours pas. 80% des entreprises disent même souffrir encore d'une baisse des commandes. Niveau comparable à celui établi le 17 mars, au tout début du confinement.

 

Selon l'organisation professionnelle, "seules 15% des entreprises interrogées déclarent avoir des collaborateurs occupés à 100%". Les trois quarts pensent que leurs effectifs seront encore "sous-occupés" à la rentrée. Les autres espèrent pouvoir retrouver un niveau d'activité comparable à l'année précédente en octobre, dans certains secteurs.

 

Trésoreries mises à mal

 

Les trésoreries continuent également d'être mises à mal. C'est en tout cas le sentiment des deux tiers des sociétés d'ingénierie. Pour la moitié d'entre elles, le risque est même jugé "imminent et se situe dans les 6 mois à venir ou moins".

 

Parallèlement, les délais de paiement s'allongent toujours. "Pour un tiers des entreprises, ils ont dépassé les 15 jours et pour 10%, ils se hissent désormais à un mois", souligne Syntec Ingénierie. C'est surtout du côté des marchés privés que la tendance se creuse.

 

Des investissements massifs et urgents nécessaires


Tout mis bout à bout, plus de la moitié (54%) des ingénieristes estiment que la reprise sera lente, et que le contexte restera compliqué pendant encore au moins un an. C'est 11 points de plus par rapport à début juin.

 

La situation est donc quelque peu alarmante. Surtout alors que Pierre Verzat, président de l'organisation professionnelle, considère que "le niveau d'activité de l'ingénierie est un indicateur avancé de ce que sera l'activité économique dans six mois. Malgré les efforts salutaires du gouvernement, la machine économique est à la peine et la reprise paraît lointaine". Une "mauvaise nouvelle" donc pour la profession, comme pour l'ensemble des acteurs économiques, ajoute-t-il, appelant à des investissements massifs et urgents dans les projets et dans la formation.

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