C'est d'après une méthodologie proposée par le cabinet Sinteo, que l'Ademe a réalisé une étude portant sur la performance énergétique intrinsèque d'une centaine de bâtiments tertiaires à usage de bureaux, gérés par La Française Real Estate Managers.
Un nouveau facteur de comparaison a été déterminé afin de pouvoir comparer les consommations réelles des bâtiments, la performance énergétique intrinsèque, qui n'inclut ni les consommations liées aux occupants (informatique et serveurs), ni celles liées à l'exploitation énergétique (chauffage, ventilation, climatisation). Ainsi, un échantillonnage des bâtiments a été opéré, créant 9 typologies de bâtiment : bureaux haussmanniens ; bureaux années 60-70 ; bureaux années 80 ; bureaux années 90 ; bureaux années 2000 ; bureaux années 2005 ; entrepôts ; commerces ; locaux d'activité.
Exploitation et occupation, les points noirs
Les principaux enseignements de cette étude montrent alors que les différentes réglementations thermiques qui se sont succédé depuis les années soixante-dix ont eu un impact réel sur les performances des bâtiments. Nul doute que la RT 2012, qui impose aux bâtiments neufs de limiter leurs consommations d'énergie, devrait encore contribuer à l'amélioration du parc immobilier. En revanche, il en ressort également que la consommation due à l'occupation et à l'exploitation du bâtiment reste stable depuis la première RT, d'où un gros travail à faire sur ce poste, notent les protagonistes de l'étude. Les mauvaises habitudes perdurent, et la responsabilisation des occupants a encore du chemin à parcourir…
L'étude a également permis d'identifier un cycle de rénovation des bâtiments, avec trois niveaux d'intervention : rafraîchissement ; rénovation ; restructuration. Conclusion : les opportunités d'économie d'énergie s'orientent vers les immeubles haussmanniens rénovés avant la mise en place de la RT 1988, ainsi que vers les bureaux des années 60-70, qui nont pas encore fait l'objet d'une restructuration et dont les gains d'énergie peuvent se monter à 50%. Les bureaux des années 80-90 non rénovés devront eux aussi faire l'objet de travaux de performance énergétique importants.
L'Ademe, qui a investi la moitié des 100.000 € qu'a coûté cette étude, reste optimiste quant aux résultats qui conduisent à dire que l'objectif d'atteindre -38% d'économies d'énergie est réalisable. Quatre à cinq autres études de ce type sont en cours, qui viendront enrichir et confirmer les enseignements de celle-ci, ont indiqué ses porte-parole.
Lire plus tard
Partager

La région compte 190 millions de m2 de bâtiments tertiaires
En termes de consommation d'énergie, le bâtiment IDF représente 62% du bilan régional (hors transports aériens), dont 37% pour le logement et 25% pour le tertiaire.
Le tertiaire en IDF = plus du 1/4 du tertiaire national