Dans la foulée de l'adoption de la loi de la Transition énergétique à l'Assemblée nationale, les ministères du Logement, de l'Ecologie et du Travail, les Régions et enfin les professionnels du bâtiment ont signé, ce mercredi 27 mai, une charte de mobilisation en faveur de la formation des professionnels du bâtiment. Décryptage.

Alors que l'obligation de rénovation énergétique a fait son retour dans le projet de loi final de la Transition énergétique adopté ce mardi 26 mai à l'Assemblée nationale, à partir de 2025 pour "tous les bâtiments privés résidentiels" dont la consommation d'énergie primaire sera supérieure à 330 kWh/m²/an, la priorité est également tournée vers la formation auprès des artisans et compagnons du secteur de la construction. Les trois ministres Ségolène Royal, François Rebsamen, Sylvia Pinel, Alain Rousset, président de l'Association des Régions de France et enfin les professionnels du bâtiment* ont donc signé, ce mercredi, une charte de mobilisation en faveur de la formation des professionnels du bâtiment.

Offre adaptée aux besoins des artisans

Pour atteindre, en effet, les objectifs "ambitieux" que fixe le projet de loi de Transition énergétique pour la croissance verte, c'est-à-dire rénover 500.000 logements par an, diminuer de 20 % la consommation d'énergie avant 2030 et de 50 % avant 2050, et créer les emplois qui vont avec, les professionnels du bâtiment doivent se mobiliser, a rappelé Sylvia Pinel ministre du Logement, en amont de la signature de la charte tripartite "Etat-Régions et acteurs du bâtiment".

 

En clair cette charte vise, par une association étroite des régions, à apporter aux entreprises du bâtiment une offre de formation adaptée à leurs besoins, en lien avec les spécificités locales de leur activité. "Elle permettra par exemple d'associer les différents partenaires au développement d'un réseau de plateaux techniques locaux permettant de diffuser les nouvelles règles de l'art sur l'ensemble du territoire national", a précisé Sylvia Pinel.

Le recrutement d'un personnel qualifié

C'est pourquoi les entreprises doivent recruter un personnel qualifié issu du système scolaire, de l'apprentissage, de l'université et des écoles d'ingénieurs, mais aussi parmi les demandeurs d'emploi formés dans d'autres corps de métiers ou en reconversion, a reconnu à son tour le ministre du Travail dans son discours.

 

Par cette nouvelle charte, les signataires s'engagent "à impulser et soutenir, les actions territoriales destinées à identifier les besoins des territoires en termes de formations aux compétences du bâtiment et opérer les convergences nécessaires au développement d'une offre de formation de qualité en lien avec les réalités locales des territoires."

L'exigence sur la formation des enseignants sera accrue

L'exigence sur la formation des enseignants sera accrue, dans un secteur où les mutations sont rapides et fréquentes, avec de nouvelles normes en matière énergétique, a ajouté François Rebsamen. "Le maintien de la compétence des enseignants et formateurs constituent une condition de la réussite du développement d'une offre de formation initiale et continue de qualité", signale l'article 2-5 de la charte.

Vers une utilisation des données de l'Observatoire prospectif de métiers et des qualifications des compétences (OPMQ)

Les acteurs comptent ainsi utiliser les données de l'Observatoire prospectif de métiers et des qualifications et des compétences (OPMQ) ainsi que les travaux des cellules économiques régionales de la construction (CERC) et des Centres d'animation, de recherche et d'information sur la formation (CARIF) et Observatoires régionaux de l'emploi et de la formation (OREF). Autres objectifs : s'appuyer sur les CERC pour la réalisation de diagnostics partagés en vue d'anticiper les besoins des entreprises, détecter les métiers de tension et accompagner l'évolution des marchés et des compétences.

Développer des formations aux économies d'énergies et aux énergies renouvelables

De plus, les signataires de la charte souhaitent prioriser le développement d'offres de formations, qui comme celles inscrites dans le cadre du dispositif FEEBat, permettent l'accès aux signes de qualité munis de la mention RGE. Sans compter qu'ils associeront étroitement Constructys et le Fonds d'assurance formation des chefs exerçant une activité artisanale (FAFCEA) pour le développement d'une offre de formation de proximité, souligne la charte.

…Et inscrire la Transition énergétique dans les formations initiales et continues

Ministères, régions et professionnels du bâtiment s'accordent aussi dans la bonne voie pour rappeler la nécessité de déployer les efforts dans un examen régulier des référentiels de formation initiale en vue de les adapter aux évolutions des technologiques mises en œuvre en faveur de l'efficacité énergétique des bâtiments.

 

En parallèle, ils pourront s'appuyer, sur les compétences des centres de ressources du réseau BEEP, financé par les Régions et l'Ademe pour organiser des actions de sensibilisation et d'information aux artisans et chefs d'entreprises sur la mutation de leurs pratiques et enjeux aux questions énergétiques.

Enjeux du PACTE

Enfin, ce nouvel engagement permet d'adapter aux enjeux de chaque territoire les actions menées dans le cadre du Programme d'action pour la qualité de la construction et la transition énergétique (PACTE) lancé le 17 février 2015 par la présidente de son comité de pilotage, Sabine Basili, vice-présidente de la Capeb doté de 30 millions d'euros et du Plan de transition numérique du bâtiment, lancés en début d'année et pour lesquels l'Etat mobilise 20 millions d'euros.

 

Du côté des professionnels, Patrick Liébus, président de la Capeb s'est réjoui de cet "engagement qui permettra d'accompagner la formation des jeunes, des artisans mais aussi des chômeurs dans le secteur de la rénovation énergétique et d'accélérer les outils du développement numérique." A son tour, Jacques Letort, vice-président de la FFB, estime que cette "charte va dans le bon sens pour une valorisation essentielle des métiers du bâtiment."

 

*Capeb, FFB, la Fédération des sociétés coopératives et participatives du BTP (SCOP du BTP), Ademe, AQC, CSTB, Programme pour la qualité de la construction et la transition énergétique, Plan transition numérique dans le bâtiment.

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