La centrale nucléaire de Fessenheim dans le Haut-Rhin sera bel et bien fermée "d'ici au 31 décembre 2016", a confirmé le nouveau ministre de l'Ecologie, Philippe Martin, dans une interview publiée dimanche 21 juillet par le "Journal du Dimanche". Par ailleurs, s'agissant des gaz de schiste, il estime qu'il s'agit d'une "lubie".

Dans une interview exclusive publiée dans le "Journal Du Dimanche", du 21 juillet, le ministre de l'écologie, Philippe Martin, affirme qu'il fermera bien la centrale nucléaire de Fessenheim dans le Haut-Rhin "d'ici au 31 décembre 2016."

 

"Les engagements pris par François Hollande sur le nucléaire seront tenus dans le quinquennat. J'ai un mandat : je fermerai Fessenheim d'ici au 31 décembre 2016", a-t-il argumenté confirmant ainsi que la promesse faite par le chef de l'Etat reste à l'ordre du jour en dépit des doutes à nouveau émis à ce sujet durant les débats sur la transition énergétique.

 

Une confirmation après les propos de Delphine Batho
Ces propos rejoignent ceux de sa prédécesseur, Delphine Batho, qui avait affirmé, lundi 6 mai dernier, que la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim aura bien lieu fin 2016 ou début 2017, validant ainsi le calendrier du Gouvernement.

 

Mise en service en 1977, Fessenheim, qui est dotée de 2 réacteurs de 900 MW, est en effet la seule des 19 centrales françaises et 58 réacteurs dont la fermeture a été promise par François Hollande lors de sa campagne présidentielle, s'engageant à réduire la part du nucléaire de 75 % à 50 % dans la production électrique d'ici à 2025.

 

En revanche, depuis quelque temps, la faisabilité de la mise à l'arrêt définitive de la centrale alsacienne avant la fin du mandat présidentiel est cependant régulièrement mise en doute. Pour l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), celle-ci prendrait "environ cinq ans" en raison de la lourdeur des procédures contre quatre ans seulement pour Françis Rol-Tanguy, le haut fonctionnaire chargé de préparer la fermeture. De plus, cette fermeture pourrait coûter cher à la France. Plusieurs groupes allemands et suisses (EnBW, Alpiq, Axpo et BKW), qui financent la centrale à hauteur de 32,5 %, pourraient en effet exiger des compensations en échange d'une part équivalente de sa production de courant électrique.

 

Le gaz de schiste et le Diesel également évoqués
Par ailleurs, concernant le sujet épineux des gaz de schiste, le ministre de l'Ecologie, Philippe Martin, estime dans le "Journal Du Dimanche" que "faire miroiter l'éventualité qu'on puisse trouver une technique sans impact sur l'environnement (Ndlr : contrairement à la fracturation hydraulique) est une lubie." Interrogé sur un autre sujet tel que le diesel, le ministre affirme qu'il "faudra décider du rythme de la convergence de la fiscalité entre le diesel et l'essence, et des mesures de compensation pour les plus modestes. En matière d'écologie, il faut avoir le courage de prendre des décisions structurellement impopulaires et qui donneront des effets pour les générations futures." Egalement questionné sur la façon dont il entend exercer son mandat, Phlippe Martin affirme qu'"il n'y aura pas de souplesse de [sa] part concernant l'écologie".

actionclactionfp