MATIÈRES PREMIÈRES. Des difficultés d'approvisionnement de matières premières dans le secteur du béton et du mortier inquiètent le syndicat de la filière. Celui-ci ne voit pas de sortie de crise avant l'été.

Après la filière du bois semi-transformé et de celle des matières essentielles à la fabrication de mélanges chimiques, les fabricants d'adjuvants pour bétons et mortiers tirent la sonnette d'alarme. Son syndicat, le Synad, a alerté sur les difficultés d'approvisionnement des matières premières et la hausse des coûts.

 

Ses adhérents sont actuellement confrontés à des problèmes d'approvisionnements, voire dans certains cas à des ruptures. Ces tensions ont commencé au quatrième trimestre de l'année 2020, pour s'accroître en début d'année, et s'observent à l'échelle mondiale. "Ce frein à la capacité de production est dû à plusieurs facteurs, comme un incendie qui a eu lieu dans une usine en Allemagne", explique Christophe Jeauneau, président du Synad et directeur général de Mapei France, joint par Batiactu. "La vague de froid au Texas, qui a engendré des coupures électriques, a aussi posé des difficultés de production pour de nombreux industriels."

 

Moins de transports maritimes, plus de commandes

 

La crise sanitaire a également entraîné la déstructuration des marchés. La chaîne d'approvisionnement est perturbée, avec des arrêts programmés de maintenance d'unités de production. "Après le confinement, l'offre est ralentie dans une période de commandes élevée", analyse le président du Synad. "Le coronavirus a eu pour conséquence un besoin accru pour les emballages, qu'ils soient alimentaires ou pour les tests covid. Ceux-ci sont prioritaires par rapport aux produits de l'industrie de la construction."

 

"La disponibilité des transports maritimes entre l'Asie et l'Europe a également chuté et certains acheteurs ont beaucoup commandé, engendrant du désordre dans le fonctionnement", estime Christophe Jeauneau. Ainsi, les délais d'approvisionnement ont doublé voire triplé. "Nous ne savons pas quand les choses reviendront à la normale, mais cela n'interviendra pas avant l'été."

 

Sans donner de chiffres précis, le président du Synad s'inquiète de voir les prix des matières premières doubler. "Toute la chaîne est impactée. Nous n'avons pas connu de crise pareille depuis des décennies. Cela risque de ralentir les chantiers."

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