Le Gouvernement est entré ce lundi 27 janvier dans le vif du Pacte de responsabilité proposé par François Hollande en recevant à Matignon les partenaires sociaux. Objectif : négocier notamment les contreparties à la baisse annoncée du coût du travail. Réaction de l'UPA, l'une des organisations patronales, reçue par Jean-Marc Ayrault.

Annoncé par François Hollande lors de ses vœux de Nouvel An, et confirmé la semaine dernière d'une longue conférence adressée aux "forces économiques", le Pacte de responsabilité a fait l'objet ce lundi 27 janvier à Matignon d'une très large concertation avec les partenaires sociaux. Ainsi, la CGT a été reçue la première à 8 h 45. Ont suivi dans l'ordre FO, la CFTC, le Medef, la CFE-CGC, l'UPA et la CFDT. La CGPME a elle rendez-vous ce jeudi 30 janvier.

 

Les syndicats divisés
Si les syndicats restés divisés sur cette main tendue par le chef de l'Etat aux entreprises, le patronat arrive lui aussi en ordre dispersé à ces consultations. Les grands groupes et les artisans plaident pour un transfert complet des 20 milliards d'euros du crédit impôt compétitivité emploi (Cice) en baisse de charges, auxquels s'ajouteraient 10 milliards supplémentaires pour atteindre les 30 milliards promis par le président.

 

Le Medef encourage lui à un élargissement du Cice à 3,5 voire 4 SMIC, puis à une "bascule" dans un second temps en baisse de charges.
Pour le président Jean-Pierre Crouzet et les vice-présidents de l'UPA, qui étaient reçus ce lundi 27 janvier à Matignon, il est nécessaire de "stopper le gâchis actuel qui fait que six entreprises disparaissent chaque heure en France, puis de libérer le potentiel de création d'emploi des entreprises de l'artisanat et du commerce de proximité (+650 000 emplois salariés supplémentaires entre 1998 et 2008)."

 

Ainsi, l'UPA a rappelé à Jean-Marc Ayrault qu'elle "soutient le pacte de responsabilité mais demande que sa mise en œuvre soit avancée, au moins pour les travailleurs non salariés qui aujourd'hui ne bénéficient pas du Crédit d'impôt compétitivité emploi -CICE-."

 

L'UPA demande l'abandon du CICE
Dans la discussion sur les modalités d'application du pacte de responsabilité, l'UPA demande au "Gouvernement de privilégier simplicité et efficacité et de prévoir pour cela l'abandon pur et simple du CICE au profit de la suppression des cotisations d'allocations familiales."

 

En contrepartie, les dirigeants de l'UPA sont prêts à s'engager sur plusieurs objectifs fixés par le président de la République : "développer la formation (en particulier l'apprentissage) au profit de la création d'emploi, améliorer la qualité des emplois, et favoriser les relocalisations par un renforcement des embauches dans l'artisanat et le commerce de proximité."

 

Et de conclure : "Dans les entreprises de moins de 50 salariés, ces contreparties ne pourront être décidées qu'au niveau des branches professionnelles sous la forme d'objectifs à atteindre, et non entreprise par entreprise ce qui serait inapplicable."

 

Dans l'attente de la Conférence sociale au début de l'été
Au final, ce processus engagé ce lundi se poursuivra dans les prochains mois pour déboucher sur une grande conférence sociale au printemps, avant l'engagement de la responsabilité du Gouvernement entre le 25 mai et le 30 juin.

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