CRISE. Les professionnels de l'isolation par ouate de cellulose en appellent à un geste du gouvernement dans les "trois à quatre semaines" à venir, pour éviter la mise à mal de toute une filière. Emmanuel Bavouset, président de l'association européenne des fabricants de ouate de cellulose (Ecima), fait le point auprès de Batiactu.


Il y a quelques jours, l'association européenne des fabricants de ouate de cellulose (Ecima) a fait savoir publiquement sa grande inquiétude au regard de la chute drastique de la commercialisation de ses isolants et de matériels nécessaires à l'isolation. Qu'attend aujourd'hui la filière des pouvoirs publics, et comment en est-on arrivé là ? Emmanuel Bavouset, président de l'organisation professionnelle, répond aux questions de Batiactu.

 

Batiactu : L'Ecima fait état d'une chute drastique des ventes de capots de protection de spots encastrés, ainsi que des volumes commercialisés d'isolant en ouate de cellulose. Comment en est-on arrivé là ?

 

Emmanuel Bavouset : Revenons un peu en arrière. La troisième période (P3) des certificats d'économie d'énergie (CEE), qui s'est étalée de 2015 à 2017, a été bien menée, avec des cours du certificat permettant un coût au m² d'isolation allant de 13 à 17 euros, ainsi qu'un reste à charge assez maîtrisé pour le client final. En P4 (2018-2021), nous avons connu une envolée du prix au m². En effet, comme le cours baissait, l'État a décidé d'instaurer les fameuses opérations "coup de pouce", à l'origine des offres à un euro. Cela a attiré un certain nombre d'opportunistes dans la filière, générant un grand nombre de travaux de mauvaise qualité, et plus généralement une situation de surproduction. L'État, en bon père de famille, est donc intervenu sur la P5 (2022-2025) en sabrant la fiche coup de pouce isolation, et les fiches d'opérations standardisées isolation. Conjugué au stock emmagasiné en P4 par les obligés grâce à la surproduction, les cours se sont écroulés. C'est la période où nous sommes actuellement. Résultat : l'énergie n'a jamais été aussi chère, les Français ont besoin de se protéger thermiquement contre l'hiver, mais les aides de l'État ont presque complètement disparu. Par ailleurs, nos clients poseurs sont en train de souffrir terriblement, et risquent de perdre leur savoir-faire à très rapide échéance.
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