L'entreprise allemande Ostwind qui développe, conçoit, construit et exploite des parcs aériens annonce sa stratégie pour 2017. Elle travaille à l'implantation de 20 machines et souhaite "s'engager plus significativement" dans la production d'électricité.

Pour Ostwind, 2016 a été une année blanche en termes de raccordements : aucune nouvelle machine n'a été installée par le concepteur-exploitant de parcs éoliens. L'entreprise familiale explique avoir mis à profit ce temps pour "la mise en œuvre de sa stratégie" et faire avancer de nombreux projets.

 

Deux autorisations ont été déposées (22 MW) et deux autres ont été obtenues "et sont désormais libres de tout recours" (29,7 MW en Picardie et 16 MW en Lorraine). Du côté des chantiers, 16,1 MW sont en construction et 24 MW sont en attente de l'être. Il est prévu qu'en 2017, Ostwind érige 20 éoliennes en débutant ou poursuivant différents chantiers à Beaumetz-lès-Aire (Pas-de-Calais, 4,6 MW), au Val d'Ay (Ardèche, 11,5 MW), au Val de Nièvre (Somme) et à Ottange (Moselle). En tout, 96,5 MW sont en attente de raccordement, tandis que près de 133 MW sont à divers stades d'instruction et plus de 200 MW en développement.

 

La société a exploité, en 2016, "112 MW sur les 255 MW installés" mais elle affiche l'ambition "de conserver ses futurs parcs pour accroître son activité de producteur d'énergie". Le but, pour Fabien Kayser, le président-directeur général est de conserver la propriété des parcs construits pour s'affranchir des risques liés aux évolutions réglementaires. L'entreprise évoque "un contexte incertain" et explique subir "les effets d'une politique changeante, qui rend le développement de l'éolien complexe". Elle précise que de nombreuses constructions restent bloquées en raison de délais de raccordements aux réseaux "beaucoup trop longs" avec un temps qui pourrait atteindre les 60 mois. Le p-dg déclare : "Il y a un manque d'adéquation et de coordination entre les procédures administratives et les capacités techniques disponibles. Les opérateurs réseaux et les pouvoirs publics se doivent d'anticiper".

 

Avis de tempête sur l'éolien outre-Rhin

 

En Allemagne, Ostwind sera impacté par une nouvelle loi sur les énergies renouvelables, dite "EEG", entrée en vigueur depuis le 1er janvier 2017. Elle prévoit l'application de nouvelles règles aux installateurs qui risquent de freiner l'essor de ces énergies. Par ailleurs, la rémunération de l'électricité d'origine éolienne ne sera plus fixée par l'Etat mais se fera par le biais d'appels d'offres. Selon le cabinet Sterr-Kölln & Partner, les nouvelles capacités raccordées pourraient ainsi passer de 4,4 GW (en 2015) à "seulement" 2,8 GW en 2017. "Les experts prévoient une baisse du marché d'environ 20 %. Du fait du nouveau modus operandi (…) environ 1.000 MW de projets par an ne verront pas le jour", note-t-il. Son directeur, Heribert Sterr-Kölln, estime : "D'ici deux à trois ans, deux-tiers des acteurs auront disparu du marché". Il recommande aux plus petits acteurs de se regrouper afin de faire face à cette évolution et déconseille aux collectivités locales et aux coopératives citoyennes de se lancer seules dans des projets éoliens d'envergure. "En effet, elles manquent souvent du recul nécessaire et chaque projet comporte un risque d'échec, pouvant parfois se traduire par des pertes de plusieurs centaines de milliers d'euros", argumente le spécialiste.

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