La Fédération française de tennis (FFT) vient de juger "irréalisable" la couverture partielle de l'autoroute A13, contre-projet des opposants à l'extension du stade Roland-Garros sur les serres d'Auteuil, et réaffirmé son intention de déposer en juillet prochain le permis de construire pour son projet initial. Précisions et réactions.

Après une évaluation confiée au groupe Degouy, (Ndlr: 75 millions d'euros), la Fédération française de Tennis (FFT) a jugé, lundi 17 juin, "irréalisable la couverture partielle de l'autoroute A13", réclamée par les associations opposantes au projet pour éviter que l'extension du stade n'empiète sur les serres d'Auteuil et ne mette à mal un site classé. Les dirigeants de la FFT ont aussi confirmé dans la foulée leur volonté de déposer début juillet prochain le permis de construire pour le projet initial.

 

"C'est un projet qui ne répond pas à notre cahier des charges", a réagi ce lundi à l'AFP Gilbert Ysern, directeur de la FFT et de Roland-Garros. Evaluée par la FFT à 75 millions d'euros (valeur 2020) et 60 millions d'euros (valeur 2013), soit un niveau proche de l'estimation du collectif (Ndlr : 53 millions d'euros), cette option de couverture partielle de l'autoroute A13, de 6.000 m², avait déjà été enterrée depuis une longue période par la FFT avant même la réception du devis réalisé par un bureau d'experts. En revanche, la Fédération avait demandé au même bureau d'experts l'étude d'une version élargie de la couverture de l'autoroute, qui aurait collé à ses plans en matière d'extension du stade.

 

Rénovation du Club des Loges au court Suzanne Lenglen à Roland-Garros
Rénovation du Club des Loges au court Suzanne Lenglen à Roland-Garros © S.C.Batiactu
Un surcoût de 60 à 340 millions d'euros
"Le coût global de cette deuxième version, plus satisfaisante techniquement, a été évalué à 280 millions d'euros", auxquels il faudrait ajouter les 340 millions d'euros de construction budgétés dans le projet serres d'Auteuil. "Autant dire qu'à ce prix, ce n'est plus la peine d'en parler", a tranché Gilbert Ysern, à réception du devis. Et d'ajouter : "Nous n'avons pas les moyens de financer cela et ni la Ville ni l'Etat n'ont l'intention de nous aider." De son côté, Agnès Popelin, présidente du Collectif Auteuil-Les Princes et porteuse du contre-projet, a aussitôt contesté, lundi soir, les arguments annoncés par la Fédération de Tennis. Chiffres à l'appui, la responsable du collectif a souhaité montrer que le premier projet de couverture, estimé à 60 millions d'euros pour 7.000 m², n'offrait pas moins de surface que l'annexion d'une partie des serres d'Auteuil.

 

Les associations opposantes ont donc "regretté que la FFT ait jugé bon de faire présenter par ses experts une nouvelle proposition qui, par son contenu et son coût, est sans rapport avec leur contre-projet".

 

Bientôt une enquête publique
Les associations nationales, France Nature Environnement (FNE), la Société pour la Protection des Paysages et de l'Esthétique de la France (SPPEF) et les Vieilles Maisons Françaises (VMF) se sont, par ailleurs, félicitées dans un communiqué de la "confirmation de la faisabilité du projet mis au point avec le soutien de la Ville de Boulogne-Billancourt et maintiennent leur proposition pour l'agrandissement du stade Roland-Garros."

 

Les opposants au projet de la FFT comptent bien continuer la bagarre juridique lors de l'enquête publique qui se déroulera l'année prochaine. Ils devraient attaquer notamment la partie environnementale et patrimoniale du projet en insistant sur le fait qu'il s'agit d'un site classé. Un paramètre qui devrait permettre aux opposants de rebondir sur leur contre-projet.

 


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