Après avoir triplé le nombre d'unités annuelles en moins de dix ans, le secteur de la maison bois pourrait bien s'engager à nouveau dans la croissance, selon une étude de Xerfi qui prévoit 22.000 nouvelles constructions en bois chaque année d'ici à 2014. Mais la filière devra évoluer et faire baisser ses prix car ce type de maison reste 10 à 20% plus cher que la moyenne.

La période creuse entre 2008 et 2010 étant passée, l'année 2011 marquera-t-elle le retour durable sur le marché de la construction de la maison bois ? C'est en tout cas ce que conclut une étude menée par le cabinet Xerfi, qui table sur un retour à la croissance de ce secteur, et prédit même quelque 22.000 nouvelles maisons bois chaque année d'ici à 2014. La moyenne se situe actuellement entre 12.000 et 13.000 mises en chantier par an, après un pic à 15.000 en 2008. Il y a dix ans, on plafonnait encore à 5.000 maisons bois par an.

 

Xerfi estime que l'envolée des ventes sera due à plusieurs facteurs, parmi lesquels une demande latente pour la maison en général, et une législation favorable avec le durcissement de la réglementation thermique des bâtiments. On notera toutefois que la maison bois n'est pas la seule option en matière d'éco-construction, et que si, comme l'avance Xerfi, le bois «convainc un nombre croissant de maîtres d'œuvre et d'architectes», ce n'est pas seulement pour ses «sérieux atouts intrinsèques» puisque les qualités esthétiques de ce matériau peuvent aussi être à l'origine de ce choix. Un levier important à la croissance des maisons bois, en revanche, semble résider dans «l'augmentation de l'échelle de production chez le acteurs historiques et dans la multiplication d'entrées d'acteurs disposant d'une force de frappe industrielle».

 

L'industrialisation pour réduire les coûts
Ce foisonnement de nouveaux noms sur le marché a aussi pour effet de densifier la concurrence, pour impacter sur le prix qui, dans ce secteur, «s'impose comme un élément majeur». Reste que le prix moyen d'une maison à ossature bois, c'est-à-dire dire les trois quarts des réalisations, est toujours 10 à 20% plus élevé que celui d'une construction traditionnelle. Selon Xerfi, «pour améliorer l'attractivité de la maison bois, nombre de réalisateurs doivent faire évoluer leur business model. La réduction des coûts, qui passe entre autres par une standardisation des composants en ateliers, est ainsi devenue prioritaire chez les réalisateurs pionniers».

 

L'étude estime enfin que pour clarifier la distribution sur le marché de la maison bois, les opérateurs devront s'appuyer sur un réseau d'agences, pour arriver, à terme, à une filière où émergeront deux grandes catégories : d'une part, un petit nombre d'industriels produisant une gamme standardisée visant les constructeurs de maisons individuelles à destination des primo-accédant ; d'autre part, une multitude d'artisans charpentiers-menuisiers, établissant des contrats avec des architectes au niveau local afin de répondre à des offres ponctuelles pour des ménages plus aisés.

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