Elle est connue pour être la première femme architecte à concevoir et bâtir un gratte-ciel à New York. A la tête de l'agence d'architecture, d'urbanisme et de design Loci Anima, Françoise Raynaud, voit les choses à grande échelle. On lui doit de nombreuses réalisations, en France comme à l'international, parmi lesquelles le siège social de la CFDT (Paris, 2003), la médiathèque d'Angoulême (2015), la tour Greenwich West (New York, 2022) ou encore les rénovations-restructurations de plusieurs équipements à Paris, dont le cinéma Pathé Les Fauvettes (2015), la Pagode (2025) et la Géode (2024).
Originaire de Carcassonne, diplômée de l'École nationale supérieure d'architecture de Paris La Villette en 1985, la professionnelle défend la densification de la ville et un dialogue permanent avec le végétal. Aujourd'hui à la tête d'un cabinet de 25 collaborateurs, elle est également l'urbaniste chargée de l'aménagement du nouveau quartier du Pont d'Issy à Issy-les-Moulineaux. Ce secteur compte plusieurs de ses réalisations (les tours siamoises de logements Koala, les tours de bureaux ADN et Keïko) avec Sefri-Cime pour AXA IM Alts. Rencontre dans ses bureaux, au pied du Sacré-Cœur à Montmartre.
Après l'obtention de votre diplôme, vous vous êtes envolée pour l'Australie, à la rencontre de Glenn Murcutt (prix Pritzker 2002). Qu'avez-vous appris de lui ?
Françoise Raynaud : À l'époque, il n'était pas aussi connu qu'aujourd'hui. J'ai sonné à sa porte et j'ai découvert qu'il travaillait seul. Il a été très accueillant et m'a fait visiter certains de ses projets. Glenn Murcutt est l'un des premiers à avoir réalisé des maisons autonomes, situées dans le bush, et posées sur des pieux pour ne pas bouleverser le sol. Il promeut une architecture bioclimatique et s'inspire des cultures aborigènes. J'admire son travail. Son influence sur mes projets est considérable. J'espère le revoir un jour…Plus généralement, tout a éveillé ma curiosité en Australie. Les plantes, les animaux, les paysages… car rien n'est comparable à ce que nous connaissons. La densité de la population au kilomètre carré n'est pas non plus la même. Les Australiens cultivent un autre rapport à la terre, face à l'immensité du paysage, à l'instar des Etats-Unis. On se sent alors tout petit dans cette nature, qui nous ramène à notre condition humaine.
Quand est né votre intérêt pour l'architecture ?
Je ne m'en souviens pas mais enfant, je dessinais. Je viens d'un milieu artistique, au sein d'une famille féministe. Ma grand-mère était suffragette, c'était une femme forte. Il y avait une forme de matriarcat. Au sein de ma famille, rien n'interdisait à une petite fille de devenir architecte.
"Au sein de ma famille, rien n'interdisait à une petite fille de devenir architecte."
Cette éducation vous a-t-elle, peut-être inconsciemment, poussé à, plus tard dans votre carrière, diriger votre propre agence ?
Je n'ai pas eu envie, dans un premier temps, de créer ma propre structure. Ouvrir une agence nécessite l'envie d'entreprendre : il ne s'agit pas uniquement de créer mais aussi de gérer un business et de manager. J'ai d'abord voulu côtoyer des architectes extraordinaires et talentueux.Il vous reste 82% à découvrir.
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