La livraison du chantier Balard, futur site du ministère de la Défense, sera bien reportée au premier trimestre 2015. Si la raison invoquée par Bouygues Construction est "le ralentissement causé par les discussions entre la ville de Paris et l'Etat", le porte-parole du maître d'ouvrage signale à Batiactu d'autres explications liées à la pollution des sols et à la présence d'amiante. Précisions.

Les 9.300 salariés qui doivent déménager dans le nouveau siège du ministère de la Défense à Balard dans le 15ème arrondissement de Paris devront patienter jusqu'au premier trimestre 2015. Confié à l'Agence Nicolas Michelin et Associés pour la Parcelle Ouest, Wilmotte & associés pour la corne Ouest et à L'Atelier 2/3/4/ pour la Parcelle Est, ce projet architectural de grande envergure qui vise à rénover et construire pas moins de 320.000 m² de bureaux, a effectivement, pris un peu de retard.

 

Initialement, ces travaux colossaux entrepris par 1.300 ouvriers et ingénieurs devaient être terminés fin 2014. Finalement, tout devrait s'achever au premier trimestre 2015. Et à la Délégation pour le regroupement des états-majors et des services centraux de la Défense (DRESD) de nous confirmer : "Le calendrier de livraison des bâtiments sera décalé au début de l'année 2015 mais l'objectif d'installation à l'été 2015 de l'ensemble des états-majors et services concernés à Balard sera respecté."

 

Quelle est la raison de ce léger retard ? Bouygues Construction a avancé ce mercredi 28 août que "les discussions entre l'État et la Mairie de Paris sur l'implantation éventuelle d'un dépôt de bus dans cet ensemble immobilier ont retardé une partie du chantier." Des propos aussitôt modérés par un porte-parole de la ville de Paris qui indique que le "le report de la livraison du chantier Balard ne peut être imputé aux discussions entre la Ville et l'Etat puisqu'un protocole d'accord a été signé le 19 avril 2013 et a mis fin au contentieux."

 

"Découverte fortuite d'amiante"
Mais d'autres facteurs seraient à l'origine de ce décalage.Ainsi, la DRESD nous signale ce jeudi 29 août que "le décalage de la date de livraison des bâtiments neufs est principalement dû à la dépollution complémentaire des sols et à la réalisation de travaux complémentaires."

 

Et au maître d'ouvrage de poursuivre : "Pour ce qui est des bâtiments rénovés, en parcelle Est, le décalage tient essentiellement à la découverte fortuite d'amiante en cours de chantier." Un point est sûr : La DRESD nous a confirmé que "le chantier avançait et que la fin du gros œuvre était toujours prévue pour cet automne 2013".

 

Pour rappel : le gigantisme de ce projet "spécifique", débuté en 2009 lui a valu, en effet, le surnom de "Pentagone à la française" : il occupera 13 hectares sur les 16,5 que compte l'ensemble du site (5 hectares pour le nouveau bâtiment et 8,5 hectares de la Cité de l'Air en cours de rénovation). Par ailleurs, il s'inscrit dans le cadre d'un PPP d'une durée de 30 ans, évalué à 3,5 milliards d'euros HT dont le paiement sera étalé sur 27 ans, signée entre le ministère de la Défense et "Opale Défense", le groupement conduit par Bouygues Bâtiment Ile-de-France. Et c'est à partir de l'année prochaine, que l'Etat paiera une redevance annuelle de 150 millions d'euros (taxes comprises) jusqu'en 2041, au groupement d'entreprises.

 

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