Afin de réduire les dépenses de l'Etat et répondre aux critiques de l'opinion sur son inefficacité, Tokyo veut tourner le dos à sa politique de grands travaux.

Le gouvernement japonais va revoir "de fond en comble" sa politique de grands travaux afin de réduire les dépenses de l'Etat et répondre aux critiques de l'opinion sur son inefficacité et le clientélisme qui y est lié.

Le ministre du territoire, des infrastructures et des transports prévoit ainsi de geler la construction de tout nouveau grand barrage pour l'année budgétaire débutant en avril 2002. "Il est temps de revoir de fond en comble nos projets de travaux publics", a indiqué un porte-parole du ministère, Tetsu Kawashima. "Nous sommes conscients des critiques de l'opinion qui demande à l'Etat d'améliorer leur efficacité et de réduire au maximum les gaspillages", a-t-il ajouté.

"Nous devons adopter une nouvelle approche car notre politique de s'appuyer sur les travaux publics, vieille de plusieurs décennies, ne fonctionne plus", a reconnu M. Kawashima.

Le ministère va notamment étudier, au cas par cas, l'opportunité de construire de nouvelles routes, ponts et autres infrastructures. Cette réduction va peser sur les entreprises de BTP, qui emploient environ 10% de la main d'oeuvre japonaise et sont, traditionnellement, des soutiens du Parti Libéral Démocrate (PLD), au pouvoir.

Le Japon dépense plus en travaux publics qu'aucun autre membre du G7 (Etats-Unis, Allemagne, France, Grande-Bretagne, Italie et Canada), ce qui a contribué à creuser le gouffre de la dette publique, qui pourrait atteindre plus de 200% du PIB en 2005.

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