TRANSPORT. La question de la nouvelle composition du conseil d'orientation des mobilités se pose avec acuité alors que le projet de loi LOM vient d'être adopté par le Parlement. Cette adoption constituait en effet un préalable nécessaire à une reconfiguration de la gouvernance du conseil d'orientation des infrastructures (COI).

Comment évoluera la gouvernance du conseil d'orientation des infrastructures (COI) ? La question est légitime après la récente adoption, par le Parlement, de la loi d'orientation sur les mobilités (LOM). Cette adoption constitue en effet un préalable nécessaire à la recomposition du COI, qu'Elisabeth Borne, ministre des Transports, avait créé le 17 octobre 2017 en lui donnant pour mission de proposer au Gouvernement une stratégie d'investissement dans les infrastructures de transports. Le projet de loi LOM est d'ailleurs proche du deuxième des trois scénarios que le COI avait proposés en 2019, même avec 13,4 milliards d'euros d'investissements au lieu des 14,6 milliards prévus dans le scénario en question.

 

Surtout, et grâce aux efforts du Sénat, le projet de loi LOM pérennise l'existence du COI, qui sera chargé de contrôler la mise en œuvre de la programmation des infrastructures de transport. Un enjeu crucial, le récent effondrement d'un pont à Mirepoix-sur-Tarn, "qu'elles qu'en soient les causes, ayant mis en lumière les besoins d'entretien des infrastructures", a souligné Bruno Cavagné, président de la FNTP (Fédération nationale des travaux publics) et vice-président du COI, lors d'un point presse, ce lundi 25 novembre.

 

Bruno Cavagné n'a pas de visées sur la présidence du COI mais sur celle de la...FNTP

 

C'est le Gouvernement qui a la main pour revoir la composition du COI. "L'équilibre qui avait été trouvé, entre parlementaires, hauts fonctionnaires et experts, est plutôt bon", estime Bruno Cavagné. Présidé par l'ancien député du Calvados Philippe Duron, le COI est composé de trois députés, parmi lesquels figurent Barbara Pompili et Matthieu Orphelin, de trois sénateurs, d'une députée européenne, de trois représentants de grandes associations de collectivités, de deux co-rapporteurs et de six personnalités qualifiées, comme, justement, Bruno Cavagné. "Je regrettais d'être le seul du privé", sourit le patron de la FNTP. Pour autant, celui-ci "ne pense pas qu'il faille une personne du privé à la présidence du COI car le pays n'est pas assez mûr pour admettre qu'elle puisse défendre l'intérêt général." A tel point que si le Gouvernement lui proposait de prendre la présidence du COI, Bruno Cavagné déclinerait l'offre, assure-t-il.

 

Peut-être Philippe Duron souhaitera-t-il, d'ailleurs, rempiler pour un deuxième mandat. Sinon, le portrait-robot du prochain président du COI doit cocher les cases d'une certaine neutralité, de la jeunesse et d'un intérêt marqué pour les sujets des infrastructures et de la mobilité. Un profil qui, à en croire Bruno Cavagné, ne court pas les rues. La quête de cette perle rare par le Gouvernement devrait s'achever dans "les semaines qui viennent", selon Bruno Cavagné. Qui nourrit en revanche l'intention de postuler à un nouveau mandat à la tête de la FNTP.

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