Batiactu : Après les canicules de l'été 2026, sentez-vous un regain d'intérêt des acteurs de la construction et de l'aménagement pour la conception bioclimatique ?
Clément Gaillard : Ces épisodes ont sans doute généré une prise de conscience, lente mais réelle, sur les enjeux liés aux surchauffes. Mais j'ai l'impression d'une disproportion entre l'intérêt médiatique sur les canicules, et le nombre de projets qui intègrent concrètement les trajectoires de réchauffement.
On sait que les cycles de décision et d'action sont longs, notamment dans les collectivités. Mais on constate aussi, chez les acteurs de la conception, un déficit de connaissances par rapport aux règles climatiques élémentaires. Un exemple tout bête, sur la course du soleil : quand on demande à des maîtres d'œuvre la hauteur que va avoir le soleil au solstice d'été, la plupart ne sont même pas capables de donner un ordre de grandeur. De même, si vous leur demandez quel est le vent dominant dans leur région, la plupart ne sauront pas répondre, alors qu'il y a un siècle c'était une information connue d'à peu près tout le monde.
Cette amnésie climatique a eu lieu au 20e siècle, quand on a pu développer des énergies abondantes qui ont permis, grosso modo, de chauffer et d'éclairer comme on le voulait.
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