Le congrès annuel du premier logeur de France, les HLM, qui débute mardi 1er octobre à Lyon, va se pencher sur les nouveaux défis désormais prioritaires, comme améliorer la qualité des services dans les cités, accroître la sécurité des habitants et mieux répondre à la paupérisation de sa population.

"Construire davantage de HLM reste un objectif permanent, mais aujourd'hui nous devons aussi nous attacher à mieux prendre en compte l'évolution des demandes des habitants et répondre de façon plus pertinente à leurs soucis", a indiqué récemment Michel Delebarre, président de l'Union nationale des HLM.

Pour leur 63ème rencontre annuelle, les HLM, qui abritent quelque 13 millions de personnes dans 3,7 millions de logements, ont décidé cette année de "prendre rendez-vous avec eux-mêmes" pour "définir une nouvelle approche de leurs missions".

Les thèmes qui seront abordés par les représentants des 850 organismes regroupés sous l'égide de l'Union nationale des HLM vont se concentrer autour d'une mobilisation accrue, et d'un renforcement de la mission sociale des organismes.

Ainsi Paul-Louis Marty, délégué général de l'Union, a-t-il souligné qu'il était inadmissible que dans certains cas, des locataires HLM de bonne foi, mais victimes d'un accident de la vie (chômage, décès, divorce...), soient expulsés. "Il faut prendre en compte chaque situation et assurer un meilleur accompagnement social des habitants", selon lui.
A côté de ce thème, le congrès va également se pencher sur la délicate question des services et des prestations dans les cités HLM.

Les derniers accidents survenus dans des ascenseurs ont rendu plus aigus les problèmes des déficiences d'équipements. "Ce n'est pas uniquement une question d'argent mais également de volonté et de bonne gestion", indique-t-on au sein de l'Union.

Dans son rapport introductif, l'Union nationale souligne qu'une des explications à la mauvaise image des HLM provient de la dégradation des locaux. Leur qualité doit donc être améliorée, non seulement dans les constructions neuves, mais aussi dans le parc ancien.

Pour la sécurité des biens et des personnes, les organismes HLM reconnaissent des manquements dans le fonctionnement de leur système, et appellent leurs adhérents à mettre en place les moyens d'une "sécurité passive" --éclairage, dispositif d'accès aux parties communes.... Mais il n'est pas question de se substituer aux services de la police et de la justice, disent-ils.

Le congrès, qui durera jusqu'à jeudi avec en clôture la présence de Gilles de Robien, ministre de l'Equipement, des transports, du logement, du tourisme et de la mer, sera aussi l'occasion de faire l'éloge de la décentralisation.

Donner davantage de pouvoirs aux élus locaux pour conduire la politique de l'habitat devrait être aussi un thème largement abordé par Michel Delebarre, ardent défenseur de la décentralisation, et qui, sur ce point, devrait trouver l'écoute bienveillante de M. de Robien.

En revanche, des risques de tension pourraient apparaître notamment à la lecture du budget 2003, qui est "plutôt court" en matière de crédit aux logements, selon les propres mots de M. Delebarre.

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