Estimant que «la Guyane n'est pas à détruire mais à construire», plusieurs associations réunies vendredi au siège des Verts à Paris ont exigé l'arrêt des démolitions d'habitations en Guyane.

En Guyane, 95% des terres appartiennent à l'Etat. Or, afin d'appliquer des décisions de justice concernant des terrains n'appartenant pas à leurs occupants, la préfecture de Guyane mène périodiquement des opérations de démolitions d'habitations. Vingt-huit maisons ont ainsi été détruites depuis 2004 dans les quartiers de La Cotonnière et de Cogneau Lamirande, à Matoury, près de Cayenne, a indiqué Marius Florella (UMP), vice-président de l'association Blou-blou-fini (Assez des belles paroles). Selon lui, ces habitants vivaient là depuis des années, en situation régulière et s'acquittant des taxes foncières et d'habitation.

Au cours d'une conférence de presse, une délégation de l'association «Blou-blou-fini» a indiqué avoir été mandatée par les populations concernées pour venir plaider leur cause à Paris. Indépendantiste du Mouvement de décolonisation et d'émancipation sociale (MDES), Francis Smail a précisé que la délégation avait rencontré cette semaine la LCR, le PCF, l'UMP, les Verts, la Ligue des droits de l'Homme et Droit au logement ainsi que le ministre du Tourisme Léon Bertrand, élu guyanais.
«Nous sommes mandatés pour une action de prévention : réclamer l'arrêt des démolitions et des négociations pour régulariser la situation en proposant par exemple des solutions de relogement», a précisé Francis Smail en laissant entendre qu'une deuxième phase plus dure pourrait s'ensuivre faute de dialogue.
Une manifestation, appelée notamment par le Dal, est prévue le 30 novembre, aux abords du ministère de l'Outre-mer, a annoncé Annie Pour, porte-parole de l'association.

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