CONDITIONS DE TRAVAIL. Après plusieurs demandes de la profession, l'exécutif a finalement décidé de mettre à disposition des compagnons du BTP des salles polyvalentes à travers tout le pays afin qu'ils puissent prendre leur pause déjeuner dans des lieux chauffés et conviviaux. L'artisanat a évidemment salué cette mesure.

Il était temps de clore la polémique : ce 15 décembre 2020, la ministre de la Cohésion des territoires, Jacqueline Gourault, et le ministre chargé des petites et moyennes entreprises, Alain Griset, ont annoncé que les collectivités territoriales peuvent dorénavant mettre à disposition des compagnons du bâtiment et des travaux publics des salles polyvalentes, afin que ces derniers puissent prendre leur pause déjeuner dans des lieux chauffés et conviviaux. Il aura fallu plusieurs "coups de gueule" de la profession sur le sujet, de la Fédération française du bâtiment (FFB) à la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb) en passant aussi par l'Association des maires ruraux de France (AMRF), pour qu'une réponse soit finalement apportée. Avec l'arrivée de l'hiver et la fermeture des cafés et restaurants due au reconfinement sanitaire, les ouvriers se retrouvaient à prendre leur pause du midi dans des conditions jugées indécentes par les acteurs du secteur.

 

Une demande à formaliser par mail

 

"Pour les communes qui ont des salles disponibles et qui répondent aux recommandations sanitaires, le chef d'entreprise pourra envoyer au maire - ou au secrétariat de mairie - un courriel indiquant qu'il sollicite la mise à disposition de la salle pour une période définie et qu'il s'engage à respecter des clauses comme la responsabilité de l'employeur ou le respect du protocole sanitaire", explique un communiqué commun aux deux ministères. "Le maire - ou la personne ayant sa délégation - répondra alors en donnant son accord par courriel, en ajoutant éventuellement des conditions supplémentaires propres à l'équipement. La mise à disposition par les collectivités locales doit être réalisée à titre gracieux", ajoute le document. En plus de cette procédure, les entrepreneurs du bâtiment devront organiser leurs effectifs en groupes réduits et favoriser autant que faire se peut un échelonnement des temps de pause de chacun d'entre eux, tout en veillant à bien aérer les locaux entre les passages des différents groupes. Les préfectures ont évidemment été mises dans la boucle et restent à la disposition des entreprises et des collectivités pour s'assurer de la bonne application de cette mesure.

 

 

Sans surprise, la profession a salué la décision gouvernementale. "Les salariés des petites entreprises du bâtiment vont pouvoir déjeuner à l'abri et au chaud, dès aujourd'hui", se félicite ainsi la Capeb. Soulignant que les préfets peuvent maintenant autoriser les maires à ouvrir des salles communales pour y accueillir des compagnons, la confédération insiste sur la procédure à suivre par mail ainsi que sur le respect des clauses, "comme la responsabilité de l'employeur ou le respect du protocole sanitaire". Et invite toutes les entreprises "qui le souhaitent à se rapprocher des mairies des communes où elles conduisent des chantiers". D'après la Capeb, cette mesure concerne "potentiellement" plus d'un million d'artisans du bâtiment sur tout le territoire national.

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