Si les retards de paiement atteignent une moyenne de 13.2 jours sur ce troisième trimestre, c'est sur le front des petits retards inférieurs à 15 jours que doit se concentrer l'attention des fournisseurs. Et en la matière, la France reste en tête des pays d'Europe. Analyse du cabinet Altares.

"A fin septembre, la dégradation est stoppée, mais l'inversion de la courbe est encore trop timide pour confirmer un retour durable vers de meilleures pratiques commerciales. Sur ce troisième trimestre, le retard moyen global calculé sur l'ensemble des factures analysées par Altares se fixe à 13.2 jours, soit encore très au-dessus du seuil des 12 jours franchi un an plus tôt", explique Thierry Million, directeur des études Altares.

 

La détente reste encore timide, ajoute Altares, qui constate cependant que les grands retards supérieurs à 30 jours sont un peu moins fréquents… mais les règlements à l'heure aussi ! Ainsi, 7.5 % des entreprises présentent des retards supérieurs à 30 jours, contre 8% trois mois plus tôt. Dans le même temps, 36.2% des organisations paient leurs factures à l'heure, contre 36.5% au trimestre précédent et 39% début 2014.

 

Un tiers des petites entreprises ont des petits retards de paiement

 

Mais c'est sur le front des petits retards inférieurs à 15 jours que doit se concentrer l'attention des fournisseurs, souligne Altares. Qui déclare : "La France ne lâche pas son titre de champion d'Europe des petits retards. Le tiers des entreprises (33.2%) en sont coutumières (27.4% en Europe)".

 

Dans le secteur privé, on note une amélioration des comportements de paiement, notamment chez les entrepreneurs individuels, mais plus particulièrement chez les plus grands d'entre eux. Ainsi, sur l'ensemble des artisans-commerçants, la baisse est limitée à 12.3 jours sur le 3e trimestre, contre 12.6 j au 2e trimestre, mais elle s'accélère chez ceux employant plus de 20 salariés (139 contre 14.9).

 

"Les entreprises de petite taille sont moins tentées de recourir au crédit fournisseur, d'autant que le rapport de force leur est défavorable. Lorsque la petite entreprise peut payer ses fournisseurs, elle le fait généralement à l'échéance de la facture sans chercher délibérément à gagner quelques jours de trésorerie (…). Les petites sociétés de moins de trois salariés sont trois fois plus nombreuses à reporter leurs paiements de plus de 30 jours que celles de plus de 250 salariés (8.7% contre 2.6%)", remarque Thierry Million.

 

L'Etat ne donne pas toujours le bon exemple

 

Le secteur public règle ses fournisseurs avec généralement plus de retard que dans le privé : les organisations publiques jusqu'à 20 agents se comportent de la même façon que dans le privé, tandis que celles de plus grande taille n'évitent pas les dérapages. Ainsi, les EPIC ou l'administration de l'Etat comptent 17 j de retard en moyenne, les petites collectivités ne franchissent pas les 10 j, mais les plus grandes atteignent les 19 jours.

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