CHANTIERS TESTS. Pour se préparer à la future réglementation environnementale, plusieurs promoteurs et leurs partenaires ont travaillé ensemble sur des projets. A l'occasion de la première journée technique dédiée à la promotion immobilière, organisée par LCA-FFB, plusieurs d'entre eux ont présenté leur retour sur l'expérimentation E+C sur des chantiers tests.

LCA-FFB organisait ce jeudi 16 novembre 2017, sa première journée technique dédiée à la promotion immobilière. Toute la matinée a été consacrée à un sujet qui intéresse l'ensemble des acteurs de la construction : l'expérimentation E+C-. Pour preuve, c'est devant une salle comble et attentive que les intervenants ont exposé la restitution de leur chantier test.

 

Mais avant cela, Bernard Coloos, Délégué général adjoint et directeur des affaires économiques, financières et internationales de la FFB, a présenté un point de conjoncture encourageant pour le secteur évoquant cependant l'apparition d'inquiétudes. L'une d'elles concerne la mise en place de la future réglementation environnementale et l'expérimentation E+C-. Il a rappelé que la réglementation E+ doit être mise en place en 2020 et celle de C- en 2018. "Ceci n'est pas tenable", a-t-il déclaré. Il demande donc à faire coïncider les deux calendriers. Un point de vue partagé par Jean-Jacques Barreau, consultant technique LCA-FFB spécialiste énergie et réglementations, qui souhaite également retarder la réglementation carbone à 2020 ou plus tard "pour bien se préparer".

 

Comprendre pour ne pas subir la réglementation

 

Ce dernier a ensuite expliqué que ces deux réglementations auraient un impact l'une sur l'autre. De la même façon, l'interaction entre les deux aura un impact sur les produits de constructions, l'usage des constructions, sur les équipements de chauffages... Et, pour avoir des résultats tangibles, il faut un certain nombre de dossiers, a-t-il insisté. Concernant les niveaux de carbone attendus, là aussi "c'est par le retour d'expérience que l'on pourra les ajuster", précise-t-il. Comme plusieurs intervenants le diront ensuite, il note également que le 2e niveau carbone (C2) est beaucoup plus exigeant et plus difficile à atteindre que le premier (C1). Avant que les retours d'expérience de six projets ne soient exposés, il a conseillé à tous les acteurs de la promotion immobilière et leurs partenaires de déposer au moins un de leurs projets dans la base nationale. "Avec un maximum de dossier, nous pourrons réfléchir aux bons seuils de la réglementation", a-t-il conclu.

 

De janvier à novembre 2017, la fédération a donc organisé des commissions sur la question E+C-. Au total, ce sont 8 projets qui ont été testés par des promoteurs et partenaires, (industriels, bureaux d'études...). A l'occasion de cette première journée technique dédiée à la promotion immobilière, six d'entre eux ont été présentés. Premier constat : tous les participants sont ravis d'avoir participé à ces expérimentations. La plupart estime que cela leur a permis de comprendre la réglementation, et d'avoir le temps de l'étudier. Pour l'un d'eux, il était "important de participer pour ne pas subir les exigences futures". Pour d'autres, il s'agissait de "retrouver de la liberté et de maîtriser ses choix". "Avoir le choix de l'énergie nous a permis de réduire l'impact carbone", souligne d'ailleurs Luc Monnet, Président du bureau d'études ETC. Comme beaucoup, Maud Brunel-Fontaine, directrice générale de la PME Brunel, a aimé pouvoir prendre du recul, pour "ne pas être dans le stress".

 

La collaboration entre promoteurs et partenaires, une démarche positive

 

Le partenariat avec les industriels est un point fort, a fait valoir Christine Guittonneau de Bio Bric. Pour Maud Brunel-Fontaine, "c'est une expérience à renouveler car cela apport de la valeur ajoutée au projet". Nombreux sont ceux qui ont apprécié cette nouvelle façon de travailler permettant de "montrer l'étendue des possibilités". Démarche qui profite à tous les acteurs, ont-ils témoigné. L'intérêt d'une telle expérimentation pour Emmanuel de Bourmont, Responsable Marché Habitat neuf EDF, c'est aussi de permettre à chacun de sortir de ses habitudes.

 

"Cela donne envie de travailler ensemble pour trouver des solutions qui correspondent aux enjeux qui nous attendent demain", a poursuivi Jean-Philippe Piat, directeur technique général du groupe Vivialys. Denis Schmit, directeur prescription de Rector, a rappelé qu'il est rare de réfléchir avec les promoteurs sur des projets concrets. "Quand on se met ensemble, on prend de la force et on réussit à pousser des solutions, la preuve en est par la richesse des restitutions", a-t-il conclu.

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