ÉNERGIE. L'administration, par la voix d'Olivier David, de la Direction générale de l'énergie et du climat (DGEC), assume encourager l'usage de l'électricité dans les bâtiments, le vecteur choisi pour remplir les objectifs carbone 2050.

"Il faut que nous arrêtions d'avoir l'électricité honteuse dans le bâtiment, y compris au sein des électriciens eux-mêmes. L'électricité est la solution pour pouvoir réussir l'atteinte de la neutralité carbone en 2050." Ces propos sans équivoque ont été prononcés par Olivier David, chef de service du climat et de l'efficacité énergétique à la Direction générale de l'énergie et du climat (DGEC), lors d'un colloque organisé par l'Union française de l'électricité (UFE), ce 3 décembre 2019, à Paris. Olivier David répondait à une question posée au sujet de la récente tribune de spécialiste de la thermique dans le bâtiment, s'inquiétant de voir se dessiner une réglementation environnementale 2020 pas aussi ambitieuse que prévue, et ayant tendance à trop favoriser l'électricité dans le bâtiment.


Une position clarifiée

 

La position de l'État est ainsi clarifiée : il est effectivement question de signer, avec la RE2020, le retour de l'électricité dans le bâtiment, alors que la réglementation thermique 2012 avait avantagé le gaz. "Avant la RT2012, le gaz se situait dans 20% des bâtiments, et c'est passé à 40% après, notamment dans le logements collectifs où l'on atteint 75%", a ainsi rappelé Olivier David.

 

 

"Or, la neutralité carbone qui est notre principal objectif, implique de sortir des énergies fossiles." Questionné également sur le rôle du coefficient d'énergie primaire pour l'électricité, il a confirmé le souhait de l'administration de le baisser, passant de 2,58 à 2,3. Une décision qui se justifie ainsi pour l'administration : la durée de vie du bâtiment étant de 50 ans, l'État se projette sur la programmation pluriannuelle de l'énergie 2035. "Nous avons également décidé d'opter pour un poids carbone de l'énergie électrique à 80 grammes CO2/kW.h", précise Olivier David. "Bien sûr, cela inquiète certains acteurs : ceux qui vendent des solutions qui marchent bien dans la RT2012 mais ne marcheront plus dans la RE2020", assène le représentant de l'État.

 

RE2020 : Philippe Pelletier salue une concertation "extraordinaire"

 

Pour autant, il estime que les contours de la RE2020 ne seront pas uniquement déterminés par un seul facteur, mais une intrication complexe de plusieurs facteurs, dont le fameux coefficient fait partie. "Nous en sommes au stade où nous élaborons la réglementation en lançant notamment une grande campagne de simulations, en fonction de plusieurs paramètres. Nous voulons savoir, en fonction des solutions qui existent, comment on atteint certains résultats, et ce que cela représente en émissions de carbone", détaille Olivier David.

 

Philippe Pelletier, président du Plan bâtiment durable, a également estimé qu'il n'était pas raisonnable de dire que la RE2020 allait se décider dans des arrières-cuisines étatiques, sans tenir compte de la voix des acteurs. Il a évoqué une démarche de concertation "extraordinaire", précisant que les auteurs du texte "inspirés par l'association Négawatt" étaient parties prenantes des discussions.

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