EN CHIFFRES. Les dirigeants de TPME restent très mitigés sur l'évolution de la santé financière de leur entreprise, indique la dernière étude de la CPME consacrée à la situation économique et à l'accès au financement. Plusieurs indicateurs s'aggravent dans le secteur de la construction.

Les entrepreneurs restent très mitigés sur l'évolution de la santé financière de leur entreprise. Sur les six premiers mois de l'année, ils ont été, tous secteurs d'activité confondus, 29% à constater une amélioration en comparaison au semestre précédent, tandis que 27% notaient une dégradation. Les prévisions pour la deuxième moitié de l'exercice 2023 sont toutefois encore plus négatives.

 

 

Dans sa dernière enquête sur la situation économique et l'accès au financement des TPME (très petites, petites et moyennes entreprises) réalisée auprès de 1.400 dirigeants, la CPME (Confédération des PME, dont est membre la Fédération française du bâtiment) relève en effet que 33% des personnes interrogées signalent une détérioration de la situation globale de leur entreprise, contre 24% qui font part d'une embellie. De même, 35% des sondés déclarent une diminution de leur chiffre d'affaires, 42% une dégradation de leur trésorerie et 49% un recul de leur taux de marge entre 2019 (dernier exercice avant Covid) et aujourd'hui.

 

39% des entrepreneurs du bâtiment voient leur marge diminuer

 

Le taux de marge fait d'ailleurs partie des indicateurs virant au rouge dans le bâtiment. Les entrepreneurs du secteur sont 39% à subir une diminution de leur marge (ils sont 49% dans l'ensemble des secteurs), un score qui reste toutefois meilleur que ceux d'autres secteurs comme l'industrie (47%) ou le commerce (51%). Les PME (employant de 10 à 249 salariés) semblent également plus impactées que les TPE (de 0 à 9 salariés), avec respectivement 53% et 47%.

 

À quelques jours de la fin de l'année, les chefs d'entreprises se concentrent sur plusieurs sujets prioritaires, dont l'évolution de l'activité (47%), l'inflation (28%) et le recrutement (24%). Il s'avère que ce dernier point a désormais comme corollaire la crise du logement, de plus en plus de candidats potentiels étant amenés à refuser des postes en raison des difficultés à se loger à proximité des bassins d'emploi.

 

79% des entreprises du bâtiment subissent une pression de leurs clients sur leurs prix

 

L'inflation, elle, n'épargne visiblement personne : 91% des entrepreneurs interrogés par la CPME en mai dernier faisaient déjà état d'une forte exposition aux hausses de prix de leurs fournisseurs, et ce chiffre n'a pas bougé en ce mois de décembre. Dans le détail, 27% des TPME concernées enregistrent un prix de revient en augmentation de plus de 10%, tandis que 31% ne reportent pas cette hausse sur leurs prix de vente.

 

Un phénomène parallèle vient s'ajouter : 69% des entreprises encaissant l'inflation du côté de leurs fournisseurs doivent en plus composer avec une pression de leurs clients pour diminuer leurs prix. Cette tendance est particulièrement palpable dans le bâtiment, où le chiffre grimpe à 79%, loin devant d'autres secteurs (71% dans le commerce, 65% dans les services). Là encore, les PME (78%) sont davantage exposées que les TPE (64%).

 

1 entrepreneur sur 10 a été informé par sa banque que tout crédit lui serait refusé

 

L'étude de la CPME a aussi porté sur les capacités de financement des petites entreprises, qui sont elles aussi à la peine. 1 entrepreneur sur 10 a ainsi été informé par sa banque que tout crédit lui serait refusé, et ce sans même qu'il ait déposé une demande formelle.

 

Parmi ceux qui en ont malgré tout déposé une au cours des 12 derniers mois, 57% jugent l'accès au crédit difficile et 73% font état d'un durcissement des conditions de financement. Selon l'enquête, 52% des financements de trésorerie et 73% des financements d'investissements demandés sont bel et bien obtenus par les chefs d'entreprises.

 

 

28% des PME ayant souscrit un PGE ont de plus en plus de difficultés à le rembourser

 

La problématique du remboursement des PGE refait également surface. Parmi les entreprises ayant souscrit un prêt garanti par l'État, 28% ont de plus en plus de difficultés à le rembourser et 3% ne parviennent plus à le faire, "ce qui va les contraindre à cesser leur activité", avance la CPME.

 

"De fait, la majorité des dirigeants interrogés et ayant souscrit un PGE (62%) déclarent être favorables à un étalement du remboursement de ce prêt sans dégradation de la cotation Banque de France." Un point positif : malgré ce durcissement de l'accès au crédit, les TPME se disent tout de même "globalement" satisfaites des relations qu'elles entretiennent avec leurs banques.

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