La station thermale de Niederbronn-les-bains a totalement rénové son système de tuyauterie. Un double enjeu : garantir la pureté de l'eau de source, mais éviter toute infection de légionelles.

La légionellose est une pneumopathie grave qui touche en priorité les personnes vulnérables. L'actualité l'a mise sur le devant de la scène, malheureusement, avec des exemples aussi bien dans le tout nouvel hôpital Pompidou que dans le quartier de la Défense à Paris.

Elle s'attrape non par ingestion mais par inhalation. Cette infection a pour origine une bactérie, la legionella, qui existe dans l'eau depuis toujours mais qui reste inerte par une température inférieure à 25°C. En revanche, dans les circuits sanitaires et de climatisation, elle s'épanouie. Le milieu thermal est donc particulièrement concerné.

D'autant plus que le milieu thermal est très observé par les Ddass. Ainsi, si les hôpitaux ou les établissements de santé " ont le droit " d'être infectés par la bactérie à hauteur de 1.000 UFC/Litre (UFC = Unités Formant Colonies), les établissements thermals sont limités à 50UFC/L. Pour le directeur des thermes de Niederbronn-les-bains, Monsieur Bonneville, " une telle valeur cible revient à un objectif zéro ".

La tuyauterie de cet établissement était entièrement en cuivre. Au bout d'un an, parce qu'il était défectueux, il a fallu le remplacer : son diamètre intérieur avait perdu jusqu'à 80% en raison de l'entartrage et de la corrosion et les fuites étaient nombreuses (photo).

Pour tout refaire, l'établissement a décideé de changer complètement de matériau et a fait appel à la société Girpi qui a breveté le HTA. Ce matériau, du PVC-Chaleur, qui possède son attestation de conformité sanitaire, résiste à 6 bars à 80°C en continue, ou à 4 bars à 90°C. Anticorrosion, il limite l'entartrage, facteur de prolifération de la bactérie. Surtout, il est neutre et compatible avec les fluides alimentaires.

C'est, pour M. Bonneville et son directeur technique, M. Ferbach la solution la plus adaptée au milieu thermal. Ce tuyau en HTA ne risque pas d'altérer la qualité et la pureté de l'eau.

" D'une simplicité enfantine "

C'est M. Ferbach et les trois autres employés de la cure affectés au service entretient et maintenance des canalisations qui ont réalisé les travaux, pendant la fermeture saisonnière de deux mois et demi. " La pose des tuyaux HTA est d'une simplicité enfantine. Pas besoin de faire une soudure, de se trimbaler la bombonne de gaz, même pas besoin de coller. Juste une petite soudure à froid avec du polymère après le chanfreinage".

" C'est sûr que le matériau est plus cher d'environ 30% à l'achat, mais si on pense en enveloppe globale, c'est bien moins cher que la tuyauterie normale. Rien que pour le chantier, on a acheté le matériel de pose et on le fait nous même, pas besoin d'une entreprise extérieure. Et c'est rapide", raconte, fier, le directeur technique de l'établissement qui a toujours une réalisation à montrer.

L'absence de soudure facilite le chantier de rénovation des canalisations. " Très peu de matériel est nécessaire à la réalisation des travaux ", indique M. Ferbach devant son établi. " Et puis s'il fallait faire une soudure à chaud, l'établissement aurait du souscrire une assurance feu, ce qui est long et coûte de l'argent ". Les tuyaux HTA, bénéficiant d'un avis technique du CSTB, sont de plus classés M1, " ce qui est exceptionnel pour un matériau de cette nature, généralement classé M4 ", renchérit Pascal Le Gallic, Directeur Marketing chez Girpi.

Pour plus de sécurité, le directeur des thermes a équipé les douches de points de purge Grohe, pour éviter la stagnation de l'eau, facteur de développement de la bactérie. " Nous avons équipé toutes les douches il y a trois mois. Cela permet d'éviter le recours aux adjuvants, qui dénature la qualité de l'eau. Et puis nous avons des personnes âgées qui ne prennent pas de douche quotidiennement ".

Résistance avérée aux chocs thermique et chlorés

D'un point de vue technique, le recours au HTA réduit considérablement le coefficient de déperdition thermique. Toucher un tuyau en cuivre dans lequel circule de l'eau chaude est dangereux, et donc le signe d'une déperdition thermique. Rien de tel avec le HTA. " Le lambda n'est que de 0,16. Surtout, cela réduit le diamètre des calorifuges. On n'en pose même pas pour les pièces singulières, comme les angles ", a expliqué Pascal Le Gallic.

Pour lutter contre la légionellose, il existe deux solutions. Le choc thermique correspond à une élévation de la température de l'eau à 70°C dans tout le réseau, pour une sortie effective de l'eau à 70°C au robinet pendant une demi-heure. Le choc chloré nécessite une hyperchloration des réseaux pendant 24 heures avec du chlore à 15mg/Litre de concentration dans l'eau froide. Mais cette technique n'est efficace qu'avec un réseau sain, ce que permet le HTA, compatible avec les deux types de chocs.

Le responsable des thermes de Niederbronn-les-bains s'avoue très satisfait du produit HTA de Girpi. " Nous avions un réseau défectueux en cuivre, son entretien coûtait cher et nous n'étions jamais à l'abri d'une prolifération de légionelles. Désormais nous avons un réseau sain et robuste. Il n'y a qu'à comparer les vieux tuyaux de cuivres après une seule année d'utilisation, que nous avons gardé pour vous les montrer, et ceux en HTA. Ma responsabilité médicale était au prix de ces travaux, qui, tout compte fait, nous reviennent moins cher que l'ancien système ".

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