Lauréate en juin du prix international d'architecture Brick Award 2026 pour son projet Hacienda Jalisco, un complexe d'entrepôts et de bureaux réalisé pour le producteur de tequila Clase Azul, l'agence Atelier ARS est reconnue au Mexique pour son approche sensible de l'architecture. Basée à Guadalajara, dans l'ouest du pays, et fondée par Alejandro Guerrero et Andrea Soto, cette structure de six collaborateurs défend une pratique fondée sur le dialogue entre histoire et création contemporaine, sur la relation entre architecture et paysage ainsi que sur l'intégration de mythes et de rituels.
Récompensée par plusieurs distinctions internationales, l'agence a présenté son travail à plusieurs reprises à la Biennale d'architecture de Venise. Elle intervient sur des programmes variés, allant de la maison individuelle aux équipements culturels. Sa réalisation à Tepatitlán, dans l'Etat de Jalisco, livrée en 2023, met en œuvre de la céramique locale et des pierres issues de l'excavation du site. L'opération comprend un espace de stockage, de nouveaux bureaux, une distillerie et un laboratoire. Alejandro Guerrero et Andrea Soto reviennent sur ce projet XXL, sur les particularités de leur pratique et sur la culture constructive mexicaine.
Batiactu : Les matériaux utilisés dans votre projet sont-ils une manière d'exprimer l'identité régionale de Jalisco ?
Alejandro Guerrero : En effet, il existe une certaine minéralité du territoire, s'exprimant de différentes manières : par la pierre que l'on obtient en creusant le site, mais aussi par la brique produite localement à partir de cette même terre. Notre bâtiment met en valeur cette minéralité. L'ancrage culturel que nous lui donnons réside dans le fait que ce même paysage volcanique a donné naissance aux agaves, la plante à partir de laquelle est fabriquée la tequila. Ce même paysage volcanique produit les agaves, tout comme il produit cette architecture. C'est ainsi que nous voyons les choses.
Andrea Soto : Dans ce projet en particulier, et plus largement chaque fois que l'occasion se présente, nous privilégions l'utilisation de matériaux régionaux. Nous croyons par ailleurs en la capacité de l'architecture à générer une identité culturelle, à travers laquelle une communauté peut se reconnaître dans des éléments qui lui rappellent la familiarité d'un lieu. Il s'agit de pouvoir dire : "Je connais ces atmosphères particulières que créent la brique ou les voûtes." En travaillant avec des matériaux artisanaux et des techniques de construction propres à une région, le projet devient un moyen de transmettre à la communauté quelque chose qui relève de la mémoire du lieu.
Il vous reste 79% à découvrir.
Ce contenu est réservé aux abonnés
Déja abonné ? Se connecter
Abonnez-vous maintenant pour le lire dans son intégralité
Et bénéficiez aussi :
Et bénéficiez aussi :
D'un accès illimité à tous les articles de Batiactu
D'une lecture sans publicité
De toutes les interviews et analyses exclusives de la rédaction
Lire plus tard
Partager

"Ma préoccupation de la nature ne m'empêche pas de dessiner des tours", Françoise Raynaud