Un an jour pour jour, après le violent séisme de L'Aquila qui a tué 308 personnes et transformé en champ de ruines la capitale des Abruzzes (centre du pays), 25.000 personnes se sont rassemblées pour une commémoration. Elles ont également dénoncé les problèmes de logement puisque près de 52.000 personnes n'ont toujours pas réintégré leurs habitations.

A 3h32 du matin, heure précise à laquelle le tremblement de terre de magnitude 6,3 a frappé cette région des Abruzzes, située au centre du pays, 25.000 personnes se sont rassemblées sur la place de la cathédrale, au cœur de cette cité médiévale. 308 coups de cloche de l'église Santa Maria del Suffragio, lourdement endommagée par le séisme, ont retenti en hommage aux victimes. Cette cérémonie a été tteintée d'un goût amer pour la population. En effet, le président du Conseil Silvio Berlusconi était le grand absent de cette commémoration. Ce dernier s'est contenté d'adresser un message aux habitants dans lequel il s'est dit prêt à «poursuivre l'engagement du gouvernement en faveur de L'Aquila».
En effet, bien que le chef de gouvernement s'enorgueillisse d'avoir donné une réponse «exemplaire» à la tragédie, sur les 120.000 habitants de L'Aquila et villages avoisinants, plus de 52.000 n'ont pas réintégré leur habitation. Et quelque 14.000 ont reçu des logements flambant neufs surnommés les maisons Berlusconi, mais au milieu de nulle part et sans transport, services publics ou magasins.
Ce sujet délicat a été abordé lundi soir en présence de centaines d'habitants massés sous une tente pour un conseil municipal extraordinaire, au cours duquel des voix se sont élevées pour critiquer la gestion post-séisme. «La ville est restée figée, vidée de ses habitants, il y a eu seulement quelques mises en sécurité», a critiqué Anna Colasanto, habitante membre du «comité des brouettes». Le maire a alors demandé au gouvernement de créer une «taxe spéciale de solidarité». Quant au chef de la protection civile, Guido Bertolaso, il a pour sa part estimé à 7-8 ans la durée de la reconstruction. Mais lui non plus n'est pas en odeur de sainteté, car ce dernier doté des pleins pouvoirs après le séisme, est soupçonné d'être impliqué dans des malversations lors de l'octroi de marchés publics.

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