JUSTICE. Le projet d'extension du centre commercial francilien, qui inclus la construction d'un immeuble de bureaux, a été rejeté par un tribunal administratif. Le groupe Unibail Rodamco Westfield va imaginer un nouveau futur pour le site.

La Ville de Rosny-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, est fixée sur l'avenir du méga centre commercial Westfield Rosny 2... pour l'instant. La justice administrative a annulé le 6 avril 2023 les permis de construire prévoyant l'extension du site. La cause ? L'absence d'une évaluation suffisante de l'impact écologique du projet. La justice qui avait identifié des "vices" dans le dossier avait accordé, en décembre 2021, une année à la collectivité pour modifier les permis de construire. Mais aucun permis de construire rectificatif n'a été présenté.

 

"L'étude d'impact jointe aux demandes de permis de construire ne décrit pas suffisamment l'état initial de l'environnement aux abords du site et les incidences du projet en ce qui concerne la qualité de l'air et le phénomène d'îlot de chaleur urbain", a affirmé le tribunal administratif de Montreuil dans sa décision, qu'a pu consulter l'AFP. L'opération "ne comporte pas la description de mesures prévues pour éviter, réduire ou compenser les incidences du projet en matière de pollution atmosphérique" et "les mesures qu'elle prévoit ne sont pas suffisantes pour éviter, réduire ou compenser ses effets négatifs s'agissant de l'émission de polluants dans l'air et de la contribution au phénomène d'îlot de chaleur urbain", considèrent les juges.

 

Un nouveau programme bientôt dessiné ?

 

Le projet d'extension de ce centre commercial francilien est l'un des plus grands de la région parisienne. Son propriétaire, le groupe Unibail Rodamco Westfield (URW), souhaitait bâtir un immeuble de bureaux et créer une zone de restauration et un drive pour l'hypermarché au sein du centre commercial. La décision de justice a poussé le groupe à "faire évoluer" son programme. "Nous avons ainsi procédé au retrait de nos permis de construire", a indiqué une porte-parole du groupe URW. La multinationale veut "refonder un nouveau projet pour Rosny, en partenariat avec les habitants et acteurs locaux".

 

De son côté, des associations locales environnementales qui s'opposaient à cette extension et avaient déposé des recours n'ont pas caché leur satisfaction suite à l'annonce de la décision du tribunal. Le président du MNLE 93 (Mouvement national de lutte pour l'environnement), Jean-Marie Baty, a notamment réagi auprès de l'AFP. "On se réjouit de cette décision", a déclaré celui qui voit l'opération comme "un projet consumériste qui est destructeur du vivre-ensemble, car il fragilise la vie et les commerces des centres-villes". "Les aménageurs doivent mieux écouter les besoins de la population. Les permis de construire étaient porteurs d'une extension de 60.000 m2 sans amélioration des bâtiments existants. Ils ne tenaient pas compte des actuels bouleversements climatiques", a-t-il ajouté.

 

 

 

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