En Afrique de l'Ouest, une nouvelle génération d'architectes entend rendre ses lettres de noblesse à l'architecture locale, en se détournant des principes constructifs hérités de la colonisation et en se réappropriant ceux adaptés au climat local. C'est la vision portée par Studio NEiDA, une agence pluridisciplinaire basée à Berlin (Allemagne) et Lomé (Togo). Cofondé par l'architecte franco-togolaise Jeanne Autran-Edorh (récipiendaire du prix Europe 40under40 en 2026) et la commissaire d'exposition et autrice autrichienne Fabiola Büchele, le cabinet a réalisé plusieurs projets au Togo et au Ghana. Il est également à l'origine du pavillon du Togo à la Biennale d'architecture de Venise 2025.
"Nous croyons en la nature, en l'équité, en l'inclusivité ainsi qu'aux approches décoloniales et à l'Afrotopia [un concept théorisé par l'écrivain sénégalais Felwine Sarr, défini comme une "utopie active qui se donne pour tâche de débusquer dans le réel africain les vastes espaces du possible et de les féconder", ndlr]", affirme Jeanne Autran-Edorh, lors d'une conférence organisée par le fabricant de briques et tuiles Wienerberger le 12 juin 2026 à Vienne (Autriche), à laquelle Batiactu a assisté. "L'une de nos valeurs fondamentales est de considérer qu'aucune idée architecturale ne surgit de nulle part. Chacune s'inscrit dans une histoire, un héritage, un contexte."
S'inspirer des architectures régionales
Studio NEiDA s'intéresse aux savoirs architecturaux issus des modes constructifs vernaculaires et des cultures locales, notamment du modernisme tropical,
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