A Hong Kong, 7 tours complètement neuves destinées initialement à des logements sociaux vont être détruites pour être remplacés par des logements de luxe.

La plus grande démolition du monde de bâtiments neufs est prévue à Hong Kong après que des promoteurs eurent décidé de raser près de 2.500 logements jamais habités, provoquant mardi une polémique.
Les appartements sociaux construits en 2002 sont promis à la démolition en principe à partir de juin, un chantier de près de 200.000 tonnes de gravats, qui devrait durer une dizaine de mois, pour être remplacés par des logements de luxe.
L'opération, confirmée lundi par les promoteurs, devrait leur rapporter quelque six milliards de dollars de Hong Kong (770 millions de dollars US), selon les estimations d'agents immobiliers.

Il s'agit de sept tours situées près du bras de mer du port de Victoria qui devaient être vendues à l'origine comme logements sociaux dans le cadre d'un projet gouvernemental d'accession à la propriété.
Mais les autorités ont gelé la vente de l'ensemble, baptisé Hunghom Peninsula, pour ne pas faire chuter davantage le marché immobilier au début de la décennie avant de revendre le tout au secteur privé, en 2004, à un prix critiqué à l'époque comme une braderie.

Les propriétaires, les sociétés Sun Hung Kai et New World Development, ont expliqué que trois choix s'étaient offerts, la vente des appartements en l'état, leur rénovation ou une reconstruction totale.

Malgré les précautions annoncées pour limiter les nuisances du chantier, le ministre hongkongais de l'environnement, Mme Sarah Liao, a critiqué la démolition des tours comme une atteinte à l'environnement.
Des écologistes ont également estimé qu'il s'agirait d'un gaspillage, soulignant que des tonnes d'acier, bois et béton seront détruits et que d'énormes ressources seront ensuite nécessaires pour construire les nouveaux logements.
"C'est de l'avidité, ils veulent se faire autant d'argent que possible", a déclaré le directeur adjoint des Amis de la terre de Hong Kong, Edwin Lau, affirmant que les bâtiments étaient sains.

Les promoteurs se sont défendus mardi dans la presse en publiant deux pleines pages expliquant que leur projet améliorerait les finances de l'Etat grâce aux impôts, embellirait le front de mer et créerait un millier d'emplois.
Ils font aussi valoir que 95% des 190.000 tonnes de gravats seront recyclés et le reste servira à des remblaiements dans le cadre d'un plan "vert". Des éléments réutilisables comme les baignoires et toilettes seront donnés à des oeuvres de charité ou envoyés en Chine. De l'acier, aluminium et bois seront également recyclés sur le continent.

Les chiffres fournis par la presse sont impressionnants: 2.470 baignoires, autant de toilettes et cuisines, plus de 5.000 lavabos et éviers, 12.000 portes. Les gravats pourront remplir l'équivalent de 4.000 bus à impériale.

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