Après son grand-père puis son père, qui a repris l’activité en 1986, Thomas Mellé représente aujourd’hui la quatrième génération à la tête de cette structure familiale, dont il a officiellement pris la direction en 2020. Fondée en 1919 par son arrière-grand-père, initialement maréchal-ferrant, l'entreprise a progressivement évolué vers la serrurerie et la métallerie au fil des générations et des transformations du métier.

Contrairement au parcours traditionnel de nombreux artisans du secteur, Thomas Mellé n’a pas suivi de formation spécifique en métallerie. Il est titulaire d’un BTS en productique mécanique, une formation qui lui est aujourd’hui utile pour les aspects techniques et l’intégration d’outils numériques dans la production. Après ses études, dans un contexte d’emploi difficile, il rejoint progressivement l’entreprise familiale avant d’en assurer la reprise. Et son père, désormais retraité, continue néanmoins à intervenir ponctuellement dans l’entreprise, notamment pour réaliser des plans ou transmettre son expérience à l’atelier.

Le métier a par ailleurs connu d’importantes évolutions techniques. Les techniques traditionnelles de forge, autrefois au cœur de l’activité familiale, sont aujourd’hui peu sollicitées, même si Thomas Mellé en maîtrise encore les bases. Les outils numériques permettent désormais de découper et de façonner des pièces métalliques avec plus de rapidité et de précision, ce qui transforme les méthodes de fabrication tout en restant compatible avec des réalisations sur mesure.



Pourquoi être artisan aujourd'hui ? "Représenter la quatrième génération, c’est une responsabilité"



« Être artisan aujourd’hui, c’est faire évoluer son métier sans renier ce qui en fait la valeur. Dans mon entreprise, je m’appuie sur les outils modernes pour gagner en précision et répondre aux besoins de mes clients, mais je reste profondément attaché à la transmission des gestes, au travail sur mesure et à la proximité. Représenter la quatrième génération, c’est une responsabilité : celle de préserver un savoir-faire familial tout en préparant l’avenir du métier. »



Reste que la transmission du savoir-faire occupe une place importante dans l’entreprise. Des apprentis sont régulièrement accueillis et formés sur le terrain, entre travail en atelier et interventions sur chantier, afin de leur permettre d’acquérir une expérience concrète du métier. Cette organisation favorise également la transmission des gestes techniques entre générations.

Car la structure reste volontairement à taille humaine. Elle compte aujourd’hui trois salariés, auxquels s’ajoute son père de manière ponctuelle. L’équipe fonctionne sur un principe de polyvalence : chacun intervient aussi bien en atelier que sur les chantiers. L’entreprise dispose d’un atelier d’environ 400 m² au centre du village et réalise principalement des ouvrages métalliques sur mesure — portails, escaliers ou structures diverses — qui sont ensuite installés chez les clients. Certaines réalisations nécessitent des moyens de levage et une organisation collective, notamment pour la pose d’ouvrages volumineux.

Comme beaucoup d’entreprises artisanales, l’activité reste sensible aux évolutions économiques. Si la diminution du nombre d’artisans sur le territoire peut parfois générer davantage de demandes sur certains petits chantiers, les travaux réalisés — souvent liés à l’embellissement ou à la finition — dépendent fortement des arbitrages budgétaires des particuliers. Les marchés publics et les appels d’offres constituent donc un complément d’activité important.

Parallèlement à son activité professionnelle, Thomas Mellé est fortement engagé dans la vie locale. Premier adjoint de sa commune, il participe également à plusieurs associations et s’implique dans les réseaux professionnels. Au sein de la CAPEB, il exerce notamment des responsabilités départementales, ce qui lui permet de contribuer à la représentation de la profession, de relayer les préoccupations du terrain et de participer aux réflexions sur l’avenir des métiers de l’artisanat.

L'esprit CAPEB ? La proximité et la transmission des savoir-faire sont au coeur de l'activité de Thomas Mellé, qui témoigne de la force de l'engagement et de la passion du métier de l'artisan.

« La SAS Thomas Mellé, implantée à Azerailles en Meurthe-et-Moselle, est une entreprise familiale fondée en 1919. Depuis plus d’un siècle, elle a su faire évoluer son activité tout en conservant ce qui fait la force de l’artisanat : le savoir-faire, la proximité et la transmission.

Aujourd’hui, Thomas représente la quatrième génération à poursuivre cette aventure familiale. Cette continuité est remarquable et témoigne d’un véritable attachement au métier ainsi qu’à l’entreprise construite par les générations précédentes. La famille Mellé est également engagée depuis de nombreuses années au sein de la CAPEB Meurthe-et-Moselle. Cette implication traduit une conviction forte : l’artisanat est encore plus fort lorsqu’il se rassemble pour défendre ses métiers, ses entreprises et ses valeurs.

Dans un monde en perpétuelle évolution, voir une entreprise familiale traverser plus d’un siècle et transmettre son savoir-faire sur quatre générations est une formidable source d’inspiration. C’est aussi un bel exemple de ce que l’artisanat peut offrir de plus précieux : la passion du métier, l’engagement et la transmission. »


Aline Sigris, SG de la CAPEB MEURTHE-ET-MOSELLE


#Transmission familiale #Evolution du métier #Ancrage locale #Conditions de travail #Santé et sécurité


Depuis 80 ans, la CAPEB accompagne la transmission des entreprises, l'évolution des métiers et la protection des artisans

Les artisans du bâtiment créent des emplois de proximité, participent à la vitalité économique des territoires et répondent aux besoins des habitants comme des collectivités. Pour préserver ce tissu économique, la CAPEB agit pour permettre aux entreprises artisanales du bâtiment de traverser les générations, de s'adapter aux évolutions de leur métier et de demeurer des acteurs essentiels de la vie locale. Son action constante a contribué à construire un environnement économique, social et réglementaire favorable aux petites entreprises, en défendant leurs spécificités auprès des pouvoirs publics et des partenaires sociaux.

La pérennité des entreprises artisanales, notamment à travers les transmissions familiales, constitue depuis toujours une priorité pour la CAPEB. Au fil des décennies, elle a obtenu de nombreuses avancées destinées à sécuriser la situation des chefs d'entreprise et de leurs proches. La plus emblématique est la protection du patrimoine personnel du chef d'entreprise, instaurée en 2003 puis renforcée en 2022. D'autres progrès majeurs ont également été obtenus, parmi lesquels l'amélioration de la protection sociale des artisans (1972 et 1979), la création des indemnités journalières (1995) ou encore l'accès à une assurance chômage (2019). Ces avancées ont permis de réduire les risques liés à l'entrepreneuriat artisanal et de favoriser la continuité des entreprises au fil des générations.

La pérennité des entreprises repose également sur leur capacité à s'adapter aux profondes mutations de leurs métiers. L'évolution des techniques, des réglementations et des exigences du marché impose aux entreprises artisanales d'innover en permanence tout en préservant leur savoir-faire. Dans cette perspective, la CAPEB s'est mobilisée pour rendre les normes techniques gratuitement accessibles aux petites entreprises (2009) et pour faciliter leur accès aux assurances obligatoires grâce à la réforme de l'assurance construction (2005).

L'attractivité du secteur dépend aussi des conditions de travail, de santé et de sécurité, un combat que la CAPEB mène sans relâche. Dès 1954, elle signe la première convention collective spécifique aux ouvriers des petites entreprises du bâtiment. En 1998, elle met en place un accord de branche afin d'accompagner l'aménagement du temps de travail à la suite de la généralisation des 35 heures. Plus récemment, elle obtient la création du C2P, qui protège les salariés exposés à la pénibilité tout en limitant les charges et les contraintes administratives pesant sur les entreprises artisanales.

Depuis huit décennies, la CAPEB défend ainsi une vision de l'artisanat du bâtiment fondée sur des entreprises durables, protégées et capables de s'adapter aux évolutions de leur métier. Elle œuvre pour qu'elles demeurent des acteurs essentiels du développement économique, de l'emploi local et de la cohésion des territoires.