Accusé depuis plusieurs années par des ONG de violer les droits des travailleurs immigrés, le Qatar ne sera finalement pas poursuivi. L'Organisation internationale du travail (OIT) a décidé de clore la plainte. Précisions.

Depuis plusieurs années, des ONG et des syndicats dénoncent les conditions de travail des quelque 2 millions de travailleurs immigrés, et notamment de ceux présents sur les chantiers de construction pour le mondial de Football en 2022 au Qatar. Mais ce mercredi 7 novembre 2017, l'Organisation internationale du travail (OIT) a jugé que le pays ne violait pas leurs droits et a décidé de clore la plainte qui visait l'émirat.

 

Le Conseil d'administration de l'OIT a décidé de "clore la plainte (..) relative au non-respect de la convention sur le travail forcé et de la convention sur l'inspection du travail par le Qatar", a annoncé l'organisation basée à Genève, dans un communiqué. "L'OIT salue la décision du Qatar de coopérer de manière substantielle avec l'Organisation pour la promotion et la protection des droits des travailleurs et espère que ce programme de coopération sera mis en oeuvre avec succès au cours des trois prochaines années", a déclaré son directeur général Guy Ryder. L'OIT veut notamment abolir le système controversé de parrainage ("kafala") et le remplacer par un système de contrat, et interdire la confiscation des passeports des travailleurs migrants.

 

Une nouvelle ère pour les droits des travailleurs

 

Face à cette situation, le Qatar avait déjà annoncé en décembre 2016 qu'il allait mettre fin à ce système, considéré comme la cause de tous les abus contre les travailleurs migrants. En vertu de la "kafala", tous les travailleurs étrangers doivent avoir un "parrain" local -individu ou entreprise- et obtenir une autorisation de sa part pour changer d'emploi ou quitter le pays d'accueil. Le Qatar a par ailleurs annoncé le mois dernier qu'il allait mettre en place un salaire minimum pour les travailleurs.

 

L'International Trade Union Confederation (ITUC), qui était co-auteur de la plainte déposée en 2014, a estimé que la décision de l'OIT "ouvre une nouvelle ère pour les droits des travailleurs" au Qatar. "Le Qatar a fixé une nouvelle norme pour les Etats du Golfe et elle doit être suivie par l'Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis où des millions de travailleurs migrants sont prisonniers d'un esclavage moderne", a déclaré le secrétaire général de ce syndicat, Sharan Burrow, dans un communiqué.
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