La commune de Saint-Dizier a une histoire forte, et elle entend bien le faire savoir. Après avoir entamé une première mutation urbaine dans les années 90, elle se lance dans une deuxième phase de réhabilitation audacieuse, impulsée par l’architecte Carme Pinos. Objectif affiché ? Porter un projet d’avenir en lien avec l’histoire de la cité et devenir une ville incontournable dans le grand Est de la France.
Nommé "Saint-Dizier 2020", le programme s’articule autour de deux éléments essentiels à la commune : son passé et l’eau, omniprésente avec la Marne et le canal.
Se servir du passé pour inventer le futur
Forte de son passé et de celui de sa région, la cité champenoise a, en effet, connu des heures de gloire. Le XIXe siècle fut celui de la prospérité pour Saint-Dizier qui fit preuve d’un dynamisme industriel sans pareil en France : production d’acier, construction mécanique, charpente métallique et serrurerie. Les fonderies de la ville travaillaient aussi pour de grands noms de l’architecture comme Hector Guimard qui leur confia ses productions de style Art Nouveau. La ville accueille également la première base aérienne du pays dotée du Rafale. "Un paysage surprenant", dépeint l’architecte.
Ainsi, durant les trois mois de conception accordés à l’agence Estudio Carme Pinos, l’architecte n’a eu de cesse d’ancrer sa réflexion quant à la capacité du tissu historique de Saint-Dizier à s’accorder avec des espaces et bâtiments innovants. Elle ne s’est pas contentée de réinventer la ville et, là, se situait tout l’enjeu du projet. "Pendant ces trois mois, mon équipe et moi sommes régulièrement allés à Saint-Dizier pour nous approprier son histoire, nous avons pris des centaines de photos", explique la lauréate du concours.
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