OUTRE-MER. Le territoire ultramarin français se reconstruit progressivement après le passage du cyclone Chido en décembre 2024. De nombreux projets émergent dans l'archipel, bien que plusieurs obstacles à la construction demeurent.
Comment se porte Mayotte, quinze mois après le passage de Chido ? Situé entre le Mozambique et Madagascar dans l'océan Indien, l'archipel a été dévasté par un cyclone le 14 décembre 2024, causant des dégâts matériels colossaux, notamment sur les logements et les infrastructures publiques. L'État s'est depuis engagé à reconstruire le 101e département français, avec la loi de programmation pour la refondation de Mayotte promulguée le 11 août 2025.
Les habitants du territoire et les acteurs locaux n'ont pas attendu le texte législatif pour lancer des opérations de reconstruction. Dès janvier 2025, la fondation Architectes de l'urgence a réalisé un diagnostic du bâti résidentiel. Sur les 91.500 habitats résidentiels de l'île, "50% ont été endommagés ou totalement détruits, ainsi que plus de 30 écoles primaires et une dizaine de collèges et lycées", chiffre l'architecte Caroline Leloup, qui intervient notamment pour la fondation. La professionnelle était l'invitée d'une table ronde au Forum bois construction le 27 février 2026 à Paris. "En janvier 2026, plus de 10.000 élèves étaient encore scolarisés dans des locaux provisoires. Mayotte attend des réponses durables pour s'engager dans l'avenir."
Un budget contesté
Pour Caroline Leloup, la loi de programmation pour la refondation de Mayotte "regorge de bonnes intentions". Mais à l'examen des détails des financements, elle s'interroge. La loi prévoit un budget pour des projets d'infrastructures et d'équipements, notamment 1,2 milliard d'euros pour un nouvel aéroport. "Un projet passé en force, qui occupera en partie des terres agricoles", dénonce-t-elle. Les élus du département souhaiteraient une piste longue pour l'aéroport actuel de Pamandzi sur l'île de Petite-Terre, mais le gouvernement préfère la création d'un nouvel aéroport dans le nord de Grande-Terre.
La loi de programmation contient également la création d'une usine de dessalement de l'eau de mer, pensée pour répondre à la crise de l'eau. "Son emplacement et sa mise en œuvre sont décriées par des associations environnementales", pointe Caroline Leloup.
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Mayotte : "Nous avons encore le droit à une loi d'exception, écrite à la hâte"