INCENDIE A LONDRES. Richard Ferrand, ministre de la Cohésion des territoires, a demandé au Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) de réaliser une "évaluation rapide" de la réglementation sécurité incendie, sous dix jours.

Le bilan de l'incendie de la tour Grenfell, à Londres, ne cesse de grandir : d'après le Guardian, il serait de 79 victimes. A la suite de ce drame, le ministre de la Cohésion des territoires, Richard Ferrand, a fait savoir par communiqué de presse du 17 juin qu'il proposait son aide au Royaume-Uni pour "concourir à l'expertise de l'identification des causes" du sinistre. Les pouvoirs publics ont également saisi le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB), qui devra, sous dix jours, effectuer une "évaluation rapide" de la réglementation incendie française. "La pertinence des dispositions de prévention, de détection et d'évacuation seront analysées", précise le communiqué.

 

S'agira-t-il d'une évaluation touchant à tous les types de bâtiments et de matériaux ? Oui, nous répond le ministère. "Il s'agit d'un point global sur les normes qui régissent ce domaine du bâtiment", nous explique une porte-parole du ministère, qui assure que l'idée de retoucher la réglementation n'est pas exclue. "Cela dépendra du contenu du rapport produit par le CSTB." Plusieurs acteurs du secteur ont récemment assuré à Batiactu que la réglementation française était nettement plus exigeante que la réglementation en vigueur outre-Manche.

 

Renforcer la résistance au feu de la Grenfell tower aurait coûté 5.700 euros

 

Pour rappel, le bardage isolant de l'immeuble est pointé du doigt comme responsable de la propagation rapide du sinistre. Ce à quoi les professionnels français de l'isolation thermique par l'extérieur ont répondu que tout était mis en œuvre en France pour "éviter ce genre de drame". "Aujourd'hui, on n'imagine pas que cela arrive ici", affirmait ainsi Thomas Delépine, porte-parole de la commission technique du Syndicat national des bardages et vêtures isolés (SNBVI), à Batiactu.

 

Quoi qu'il en soit, outre-Manche, la polémique ne cesse d'enfler. Ainsi, d'après une information révélée par le Times, "ceux qui ont rénové la tour Grenfell auraient eu besoin de 5.000 livres [5.700 euros] pour améliorer la résistance au feu des panneaux extérieurs". Pour rappel, le budget total de l'opération a été de 8,6 millions de livres (9,8 millions d'euros).

 

Risque incendie : le logement social français se veut rassurant
Si le risque zéro n'existe pas, l'Union sociale pour l'habitat assure que la réglementation incendie française sur les HLM (qui est la même que pour les autres bâtiments) est parfois contraignante, mais qu'elle "est un moyen de supprimer ou du moins de contenir le risque d'incendie". C'est Christophe Boucaux, directeur de la maîtrise d'ouvrage et des politiques patrimoniales de l'Union sociale pour l'habitat (USH), qui l'affirme. L'organisation a d'ailleurs sensibilisé ses adhérents à ce sujet. "En 2016, 120.000 attestations Consuel [acteur référent dans la sécurité électrique, ndlr] ont été délivrées à des occupants de logements sociaux, et l'on sait que les départs de feu viennent souvent d'un défaut dans l'installation électrique", explique Christophe Boucaux. "Ces documents ont été délivrés à la suite d'opérations de rénovation ou d'amélioration de HLM."
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