Autre débat, les formations Feebat qui, si elles permettent d'avoir une vision élargie des métiers, véhiculeraient des idées fausses notamment en matière de thermique. "En thermique, 1+1 n'est pas égal à 2 !, nous explique Patrick Denieul, ingénieur-chercheur indépendant. Et la formule qui dit que la résistance thermique est égale à l'épaisseur divisé par le Lambda est aujourd'hui fausse". A ce titre, un collectif de scientifiques et chercheurs de la thermique du bâtiment est en train de se constituer, adossé à une université de l'ouest de la France, pour faire de vraies mesures scientifiques in situ. "L'objectif est de donner des certifications et des résistances thermiques à des associations multi-matériaux et multi-technologies", Patrick Denieul. Et de conclure : "Il faut rendre RGE plus lisible et clair, que les métiers soient cités. Qu'un plombier soit labellisé RGE plombier. Et que les travaux de rénovation thermique soient laissés aux spécialistes de la thermique".

Priorité au travail et à la reprise de l'activité

RGE menace-t-il les entreprises du bâtiment, comme le laissent entendre les porte-paroles du Collectif ? "C'est un combat d'arrière-garde, s'insurge Jacques Chanut, président de la Fédération française du bâtiment. L'objectif est de faire que l'activité reparte, que le client aie de nouveau envie de faire des travaux. Bien sûr, nous avons eu des remontées de quelques adhérents qui pointaient du doigt le dispositif, mais nous serons vigilants et exigeants vis-à-vis de Qualibat [organisme certificateur qui instruits les dossiers RGE, ndlr]. Il faudra qu'il soit irréprochable dans le délai et les contrôle des entreprises". Et d'asséner : "Il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain. L'essentiel est que l'activité redémarre, alors plutôt que se battre sur RGE, il vaut mieux se battre pour répondre à ce marché".

 

A la Capeb, même son de cloche. "Avec Eco-artisan®, nous avons essayé d'être à la croisée des attentes de chacun, afin d'être le plus efficace possible. L'idée est d'ouvrir les portes à ce marché nouveau de la rénovation énergétique, reconnaît Sabine Basili, vice-présidente en charge des affaires économiques. Mais plutôt que de rouspéter contre cette démarche, le vrai combat, c'est de trouver des clients, de ramener la confiance, pérenniser les annonces. A ce jour, nous avons 4.000 Eco-artisans et 10.000 ayant retiré leur dossier". Aux détracteurs de RGE, elle rappelle toutefois que pour être Eco-Artisan, un simple QCM suffit, la formation Feebat n'étant pas nécessaire si les compétences requises sont validées…

 

Vingt-cinq mille formations Feebat ont été délivrées à ce jour.
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