Pour développer l'agriculture urbaine, la Ville de Paris donne l'exemple en créant un potager et une vigne sur le toit d'un de ses bâtiments. Elle y expérimentera, pendant trois ans, une installation qui permettra de tester la gestion des eaux pluviales ainsi que la qualité des plantations.

Les fraises, légumes, salades, fleurs mellifères et herbes aromatiques poussent bien… sur le toit de la caserne Lobau, en plein cœur de Paris. Dans cette annexe de l'hôtel de ville, où est implantée la direction des ressources humaines de la municipalité, se déroule une expérience de potager urbain. Pénélope Komites, adjointe à la Maire, chargée des Espaces verts, de la nature et de la biodiversité, explique : "Pour développer la nature en ville, il faut des parcs, des jardins, mais aussi des actions locales pour renforcer la végétalisation et l'agriculture urbaine. D'ici à 2020, 100 hectares de toitures seront végétalisées dont 30 hectares pour cette forme d'agriculture". L'élue précise que le gisement de sites est particulièrement important sur les bâtiments publics ou assimilés (parapublics) et que 140 d'entre eux ont déjà candidaté à la démarche Parisculteurs, dont les lauréats seront connus au début du mois de novembre.

 

Beaucoup de travail mais pas de dégustation à l'arrivée…

 

Potager du toit
Potager du toit © Grégoire Noble
Sur la toiture - à l'origine inaccessible - d'un bâtiment moderne, implanté dans la cour de la caserne de 1853, la Mairie de Paris a donc lancé une expérimentation de trois ans, afin de travailler sur la gestion des eaux pluviales au moyen d'une "nappe phréatique artificielle". Sur 1.000 m², qui accueillent diverses plantations dont une centaine de pieds de vigne, un ensemble d'entreprises(*) a travaillé sous la houlette d'UrbAgri. Siplast, qui a fourni le complexe d'étanchéité, explique : "Nous avons renforcé l'étanchéité existante, par une membrane résistante à la charge et au développement racinaire". Elle a pioché dans sa gamme Paradiène/Parafor Silver pour créer une solution adaptée aux sollicitations mécaniques qui seront nombreuses lors des opérations d'entretien du potager. Par-dessus ce complexe et un géotextile, des panneaux nid d'abeille de 100 mm d'épaisseur servent à stocker les eaux pluviales. Environ 100 litres d'eau/m² pourront être retenus dans les alvéoles pour être restitués pendant les périodes sèches, contribuant ainsi à réguler les rejets vers les égouts. L'étendue verte participera également à la réduction du phénomène d'îlot de chaleur, en période estivale.

 

Les jardiniers de l'équipe, l'entreprise Loiseleur, vante pour sa part la démarche collaborative de ce potager urbain, où chaque entité est venue avec son expertise, du bâtiment ou des plantes. Les substrats utilisés proviendront, comme il se doit, de l'économie circulaire. Et, même si les légumes qui pousseront sur la toiture ne pourront pas bénéficier d'une appellation bio, n'étant pas plantés "en pleine terre", ils bénéficieront tout de même de toutes les attentions. C'est UrbAgri qui assurera le pilotage de l'expérimentation d'une durée de trois ans renouvelables, et qui travaillera sur la valorisation des eaux et des matériaux et sur les associations de cultures. Les fruits et légumes récoltés n'alimenteront malheureusement pas ni les employés de la mairie, ni une école voisine, mais seront scrupuleusement testés afin de vérifier leur qualité (ou l'éventuelle présence de polluants) et le bienfondé du concept d'agriculture urbaine. Les vignes seront, pour leur part, plantées en avril 2017. De quoi faire une future Cuvée de la Maire ?

 


(*) Siplast (étanchéité), Nidaplast (rétention d'eau), Loiseleur (aménagement des espaces extérieurs), Socotec (gestion des risques), Couvertex (entreprise de pose), Cosson (TP), Eurofield (gazon synthétique)

 

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