ETAT DES LIEUX. La mission du Plan de Transition Numérique dans le Bâtiment doit s'achever fin 2017. Depuis sa mise en place, début 2015, les actions entreprises ont commencé à faire basculer le bâtiment dans le numérique. Pour autant, les efforts doivent être maintenus au-delà de 2017, insiste le PTNB dans son rapport d'étape. Détails.

"Trois ans, c'est trop court", estime Bertrand Delcambre, Président du Plan de Transition Numérique dans le Bâtiment. Dans un rapport d'étape qui vient d'être publié, le PTNB dresse l'état d'avancement du numérique dans le bâtiment. Si les actions ont commencé à porter leurs fruits, Bertrand Delcambre annonce qu'il "faudra plus de temps pour généraliser les pratiques et moderniser toute la filière". Et si le Plan s'achèvera à la fin de cette année, "il faudra continuer les travaux au-delà de l'année 2017", est-il écrit dans ce rapport.

 

La dynamique est engagée, comme le prouvent les récentes enquêtes menées auprès des différents acteurs du bâtiment. Selon les derniers chiffres de l'observatoire du BIM*, le niveau d'adoption du BIM progresse dans toutes les catégories d'acteurs confondus de 27 à 35%. En quelques mois, le taux d'appropriation du BIM chez les maîtres d'œuvre progresse rapidement, passant de 37 à 50%. "La moitié des concepteurs, architectes, ingénieurs, économistes... intègrent désormais le BIM dans leur démarche, et vont entraîner dans la foulée leurs partenaires", peut-on lire dans le rapport. Le PTNB constate également que les "exemples de consultations où le maître d'ouvrage impose l'usage de la maquette numérique sont de plus en plus nombreux" bien que le taux d'adoption du BIM soit encore à 26%.

 

Convaincre et accompagner

 

Le chemin pour généraliser l'usage de la maquette numérique et moderniser toute la filière nécessite entre du temps et "beaucoup de conviction". Le PTNB constate qu'il "reste encore une majorité de professionnels qui ne s'y sont pas encore mis faute d'être convaincus que c'est à leur portée et que cela leur est utile dans leurs projets courants". Le projet d'Atelier Bim Virtuel (ABV), qui réduit le temps nécessaire à l'acquisition des retours d'expériences, est "certainement à dupliquer sur d'autres projets de construction ou de rénovation".

 

Les professionnels ont également besoin d'être accompagnés dans leur montée en compétences. Le PTNB indique en effet que les difficultés sont "certes techniques et économiques" mais "surtout humaines car la généralisation du BIM suppose des évolutions importantes des pratiques professionnelles qui deviennent plus collaboratives". La formation du BIM des professionnels en activité est "une priorité absolue" pour le Plan de transition numérique du bâtiment. Pourtant, il constate que l'offre de formation "n'est pas encore vraiment au niveau souhaité".

 

Un des enjeux majeur : la création de la plateforme collaborative du bâtiment

 

Mais là encore, une fois que l'offre de formation se sera développée, il faudra aider les professionnels "à trouver la formule la plus adaptée à leur situation, en s'appuyant sur des référentiels de compétences et des outils d'autodiagnostic adaptés". Le PTNB considère d'ailleurs que le service en ligne d'aide au choix des outils du marché disponible sur son site "devrait être utile aux PME et TPE qui sont désemparées devant le foisonnement de l'offre". Il estime enfin que la création d'une plateforme collaborative publique, mise au point par le SCTB, "constitue un des plus gros enjeux des années à venir".

 


*Observatoire du BIM
Selon les résultats du second baromètre sur le "Bim dans le secteur du BTP", réalisé par Batiactu Groupe, le taux d'usage moyen du BIM progresse de 11 à 13 %. Une progression particulièrement marquée chez les maîtres d'œuvre (+9 points). Par rapport à la précédence enquête, le pourcentage de professionnels déclarant ne jamais utiliser le BIM a diminué fortement (-8 points) "même s'il reste élevé" (65%). Si la "transition numérique est en marche", le PTNB constate toutefois que "le chemin à parcourir est encore long".
Globalement, le niveau d'adoption du BIM progresse chez l'ensemble des acteurs, passant de 27 à 35%. Un phénomène s'expliquant notamment par la progression de l'image positive du BIM par les professionnels qui le vivent comme une évolution nécessaire.
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