Les déclarations de Michel Sapin sur les économies à trouver dans le secteur du logement ont fait couler beaucoup d'encre. S'il confirme vouloir dégager des économies de l'ordre de "quelques centaines de millions d'euros", il modère ses propos concernant les APL. Détails.

Toucher au budget de la politique du Logement ? C'est bien ce que compte faire Michel Sapin, ministre des Finances, tandis qu'il vient d'annoncer qu'il faudra y faire des coupes claires. Selon lui, en effet, des "économies conséquentes" sont à prévoir, sachant qu'il faudra "faire attention" au poids social et économique que représente ce secteur.

 

"Nous sommes un des pays qui dépensent le plus, avec une efficacité pas exceptionnelle, et je suis plutôt dans l'euphémisme", avait-il déclaré, en début de semaine, tout en s'interrogeant sur l'efficacité des aides aux logements (APL, ALS et ALF) qui représentent un montant de 17.4 Md€ versé par l'Etat, ainsi que sur l'efficacité des modalités de financement des organismes bailleurs sociaux. Des déclarations qui n'ont pas manqué de faire réagir l'Union sociale pour l'habitat (USH) qui a souhaité "mettre les points sur les i". "Le Mouvement hlm ne saurait accepter une baisse des crédits d'aide à la personne et de soutien à la création de logements sociaux alors que la demande ne cesse de progresser", s'est insurgé la fédération dans un communiqué. Qui indique aussi qu'il n'y a "aucun effet d'aubaine" pour les organismes hlm dans la perception de ces aides qui sont "totalement au bénéfice des locataires". Des locataires qui s'appauvrissent même au fil des ans et dont les ressources ont baissé, ces vingt dernières années, de 100 euros…

Les riches privés d'APL ?

Le ministre des Finances avait ainsi reconnu qu'il fallait faire "extrêmement attention" dans ce secteur, en raison de son poids économique conséquent mais aussi de l'aspect social "absolument considérable" de la politique du logement. Ce mercredi 13 mai, sur les ondes de nos confrères de RMC-BFM, il a enfoncé le clou et adapté davantage ses propos, affirmant que le gouvernement "n'a pas l'intention de modifier les aides personnalisées au logement (APL) pour les étudiants". Histoire de rassurer une population pour qui cette aide est "fondamentale". Et Fabrice Abraham, Directeur Général du réseau Guy Hoquet l'Immobilier, de rappeler que "61% des primo-accédants y ont eu recours en 2014 dont 41% de prêt à taux zéro, et près d'un locataire sur deux déclare ne pas avoir de revenus suffisants pour obtenir un emprunt".

 

En revanche, Michel Sapin a fustigé ceux "qui peuvent toucher l'APL alors qu'ils ont de l'argent en banque" et ceux qui en bénéficient et "dont les situations sont anormales".

Des propositions sur les APL prochainement

Un peu de ménage ne ferait donc pas de mal à ce secteur, d'après lui, qui profite d'une enveloppe annuelle de 41 Md€. Le seul domaine des aides représente 17.4 Md€, "c'est plus que le budget de l'Education nationale, plus que celui de la Défense", a-t-il fait valoir. Avant de conclure : "Mon rôle, c'est de dire à la ministre du Logement (…), sur ces 41 Md€, est-ce qu'il n'y a pas quelques centaines de millions d'économies à faire ?".

 

Michel Sapin a confirmé qu'un "travail est en cours" pour trouver ces économies, et qu'un groupe parlementaire mené par François Pupponi planche sur les APL depuis février dernier. Des propositions sont attendues "dans les prochains jours".
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