En France, trois certifications environnementales se partagent le marché : HQE, BREEAM et LEED. Globalement similaires, elles présentent cependant quelques différences au niveau des thématiques ou des notations. France GBC et Alto Ingénierie les ont passées au crible. Zoom.

Si, au niveau mondial, c'est la certification américaine LEED qui bénéficie de la plus large diffusion, avec près de 52.000 projets, la situation est différente en Europe, où la britannique BREEAM domine un grand nombre de pays. Et elle est encore plus singulière en France, où c'est la certification HQE qui arrive en tête. Afin de comparer ces trois marques, Alto Ingénierie et France GBC ont réalisé une étude qui les met en parallèle, affichant leurs similitudes et leurs différences.

 

"Globalement, les trois certifications ont des 'rubriques' environnementales similaires, avec cependant des variations sur celles mises en avant", annonce le document. "Pour BREEAM et LEED, les thématiques liées au respect de l'environnement sont prédominantes. La certification HQE est celle qui présente le plus de cibles orientées vers l'Homme", assure-t-il. Les notions de confort et de santé seraient plus développées dans ce référentiel que dans les deux autres. Dans le mode de calcul des niveaux de performance, HQE détermine 14 cibles et trois scores possibles (Prérequis, Performant et Très performant). Suivant le nombre total d'étoiles obtenues, le niveau global détermine un classement entre "Pass", "Bon", "Très bon", "Excellent" et "Exceptionnel". De son côté, BREEAM donne également des points pour différents crédits, pondérés par rubriques (Energie, Santé, Transport, Eau, Matériaux, Déchets, Santé…), qui donnent un niveau final compris entre 30 % ("Pass") et supérieur à 85 % ("Outstanding"). Ce score est également associé à un système de cinq étoiles. La certification LEED enfin, donne des points pour les différents crédits visés qui sont ensuite totalisés. Seuls quatre niveaux existent "Certifié", "Argent", "Or" et "Platine".

BREEAM est-il moins exigeant que ses deux concurrentes ?

C'est dans le déroulement des audits que les trois certifications divergent plus fortement. France GBC et Alto précisent : "La certification BREEAM est basée sur la rédaction de deux rapports de preuves, réalisés par l'assesseur (…) : un rapport en phase conception dénommé 'Design Stage' et un rapport en phase construction dénommé 'Post-construction Stage'". Contrairement à un auditeur externe, l'assesseur BREEAM n'est donc pas considéré comme un intervenant tierce partie. La certification HQE, en revanche, "fait appel à des audits sur site, réunissant l'architecte, le donneur d'ordre et les autres membres de l'équipe (génie mécanique, électrique, acoustique)". "Quant à la certification LEED, un dossier est à préparer avec des justificatifs par crédit, à transmettre via la plateforme dédiée online", précise l'étude. L'ensemble du processus de certification LEED est piloté par un coordinateur, missionné spécifiquement pour un projet.

 

Sur les référentiels proprement dits, les trois certifications ont des fonctionnements distincts. Certains prérequis s'avèrent complémentaires entre eux, comme le commissionnement des systèmes (LEED), l'interdiction de l'amiante (BREEAM), la restriction du tabagisme passif (LEED) ou la réduction des nuisances de chantier (LEED), autant de points qui font défaut à HQE. Mais cette dernière "se démarque par l'imposition d'exigences sur le confort et la santé, là où les certifications BREEAM et LEED ont moins d'impositions", notent France GBC et Alto Ingénierie, qui listent les aspects de confort thermique ou acoustique, l'accès à la lumière du jour ou l'assainissement. Le document conclut : "La certification BREEAM est moins exigeante sur l'intégration du prérequis, qui n'intervient majoritairement qu'à partir du niveau 'Excellent'". La voie de la facilité pour certains ?
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