Pour sa troisième édition, le symposium du Prix international d’architecture durable, lancé conjointement par la Cité de l’architecture et du patrimoine et l’Etablissement public d’aménagement du mantois Seine-Aval (Epamsa), a tenu ses promesses. Les architectes nommés pour l'édition 2009 seront cette année encore, difficiles à départager. De l'Afrique à l'Inde, en passant par l'Europe, tous inscrivent leurs travaux dans un processus d'architecture durable, en plaçant au cœur de leurs préoccupations les contraintes humaines, sociales et environnementales à leur juste mesure.
Plus qu'une simple reconnaissance internationale, ce prix contribue également à une Opération d'intérêt national (OIN), dont l'objectif est de faire «renaître» un territoire, la Seine-Aval, tout en dévoilant au fil du temps une «Collection manifeste» de l’architecture du XXIe siècle. Caractérisée par sa durabilité, cette exposition pérenne et à ciel ouvert, se développe à raison d'un programme réalisé par an, le tout sur 51 ans.
«If it's not fun, it's not sustainable» - si ce n'est pas «fun», ce n'est pas durable - ajoute le président de l'Apamsa, Nicolas Samsoen : en remettant de la joie de vivre dans ce territoire, terni par une image désastreuse à la fin du XXe siècle, ce programme le fait entrer ainsi de plain-pied dans le XXIe.
Maison n°2 de la Collection manifeste
En septembre dernier, Carin Smuts a succédé à Hermann Kaufmann, lauréat 2007. Et après le «gîte urbain» de l'Autrichien, dont les travaux devraient commencer bientôt à Chanteloup-les-Vignes (78), c'est un centre multi-services qui devrait voir le jour à Folainville-Dennemont, un nouveau cœur de ville pour cette commune (deux villages réunis) de 969 hectares et moins de 2.000 habitants.
Cette maison permet la requalification d'une friche industrielle, voisine d'une école et de l'église, en véritable cœur de village, en continuité avec les souhaits de la municipalité. La ville de Folainville-Dennemont a en effet la particularité d'être constituée de deux villages, éloignés de 1,5 km. Le bâtiment prendra place le long de l'artère principale de Dennemont, situé en bordure de Seine, et donnera à la commune une boutique multiples-services et des lieux de rencontres.
Concertation
Pour mener à bien son projet, Carin Smuts applique la même démarche que celle qu'elle a développée dans les townships en Afrique du Sud : la concertation. Enfants de l'école élémentaire voisine, adultes riverains, habitants de la ville, municipalité... Tous sont écoutés, leurs besoins analysés. Venue en septembre, en novembre et dernièrement en mars, Carin Smuts raconte ainsi qu'elle a beaucoup apprécié son travail avec les enfants :
«J'ai beaucoup appris avec eux dans leur manière de voir le projet, ils ont réalisé des dessins extraordinaires. Avec les adultes, c'était plus dur, ils ont beaucoup plus de stéréotypes»/ Avec les enfants de l'école, elle a également réalisé une fresque avec des matériaux recyclés, qui prendra place dans le bâtiment.
Composé de trois espaces interactifs, le lieu, fait de briques, bois et verre, se voudra ludique, ouvert, «lumière» du centre-ville. Pour l'instant, la concertation a bien avancé et Carin a pris attache avec un co-traitant français, le cabinet H=L. Le permis de construire sera bientôt finalisé. La Sud-Africaine raconte tout de même avoir pris conscience d'une difficulté : la dure réalité de la
«bureaucratie» française !
Les cinq architectes nommés de l’édition 2009 du Prix de l'architecture durable
Patrick Bouchain et Loïc Julienne - France
Thomas Herzog - Allemagne
Bijoy Jain, Studio Mumbai - Inde
Diébédo Francis Kéré - Allemagne/Burkina Faso
Sami Rintala - Norvège