AVIS D'EXPERT
Fissure diagnostic béton
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Fissures du béton, un préjudice réparable ? (interview)

L’apparition de fissures dans les structures en béton armé est un phénomène courant et difficilement évitable. Les causes de fissuration sont nombreuses et très diverses, et l’analyse de celles-ci, qui nécessite l’intervention d’experts, permet de savoir si elles sont préjudiciables ou non. Diagnostic, solution… Éléments de réponses avec Lotfi Hasni, responsable Développement – Division Expertise et Matériaux chez Ginger CEBTP.

 
 
 


Batiactu : Qu’est-ce qu’une fissuration préjudiciable ?
Lotfi Hasni : C’est une fissuration dont l’ouverture peut porter préjudice au bon fonctionnement (structure qui ne joue pas son rôle pour laquelle elle a été dimensionnée), à la durabilité ou à l’aspect d’une structure. Mais en aucun cas, cela veut dire qu’il y a un risque immédiat de rupture.
De toute façon, avec le temps, un béton va fissurer. Voilà pourquoi on utilise les aciers qui reprennent les efforts, sinon le béton se casserait en deux. Un béton, même s'il est conçu selon les règles de calcul, va fissurer sauf que l’ouverture de la fissure et son importance feront qu'elle sera préjudiciable ou non.
De plus, la notion de fissure préjudiciable est définie dans les règles de calcul BAEL et l’Eurocode 2. Celles-ci stipulent que la maitrise de la fissuration est assurée soit par le calcul de l’ouverture des fissures soit par l’utilisation des tables prescrivant une quantité minimale d’armatures dans des zones soumises à des contraintes de traction. L’objectif principal est de limiter la probabilité d’apparition de fissures d’une largeur supérieure à celle qui serait tolérable en raison du rôle et de la situation de l’ouvrage.

Lotfi Hasni
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Batiactu : Quelles sont les méthodes de diagnostic ?
Lotfi Hasni : Lors d’un premier contact, le client nous décrit les désordres qu’il constate sur l’ouvrage tel qu'un éclatement des bétons, des tassements, des déformations localisées, des fissures…
En règle générale, on se rend sur place pour se rendre compte de l’étendue de ces désordres. La façon dont s’est fissuré le béton ainsi que le temps d’apparition des fissures sont des indications pertinentes pour le diagnostic. Aussi l’orientation de la fissure (verticale, horizontale et oblique) et sa localisation dans la partie d’ouvrage sont autant d'indications utiles au diagnostic. Par simple examen visuel, on peut déjà avoir une idée des origines possibles de fissuration ce qui permettra d’orienter les investigations.
Par la suite, on va pouvoir faire des essais non destructifs afin d’identifier les aciers et mesurer la profondeur et l'ouverture des fissures.
D’autres investigations non destructives permettent de quantifier la profondeur de fissuration comme l’auscultation sonique. Le ferraillage est détecté par pachométrie pour les aciers superficiels. D’autres moyens existent, tels que le radar pour les aciers profonds.
L’analogie avec le mot pathologie utilisé dans le domaine médical n’est pas fortuite puisque nos métiers s’apparentent à ceux des médecins (auscultation, méthodes non destructives s’apparentant à des radiographies, prélèvements et analyses en laboratoires, prescriptions, réparations (médicaments)…

Fissure beton
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Batiactu : Ces fissures sont-elles évolutives ?
Lotfi Hasni : Des fissures même si elles ne sont pas préjudiciables peuvent être pathogènes, c'est-à-dire qu’elles n’ont pas d’impact sur les structures globales, mais qu'elles peuvent constituer des chemins préférentiels pour d’autres agressions. Les pathologies peuvent être la corrosion, le gel/dégel, l’alcali réaction ou encore la réaction sulfatique interne. Ces fissures sont évolutives dans le temps d’où la nécessité d’instrumenter dans certains cas.
Dès que nous avons un matériau fissuré, il est la cible d’amorçage de pathologies pouvant faire évoluer la fissuration.

Batiactu : Quels sont les moyens pour la réduire ?
Lotfi Hasni : Si une fissure est liée à une maladie, il existe des traitements afin de minimiser son évolution et son ouverture, tous ne sont pas curatifs. On peut réparer le béton corrodé mais dans le cas de phénomènes internes, c’est assez difficile.
Dans le cas d'une pathologie dans le matériau, on se focalise pour arrêter la pathologie ou la réparer ou réduire son impact, on peut également procéder à des renforcements.
On réduira donc les éléments qui favorisent la propagation de la pathologie. On fera par exemple faire des systèmes qui permettent à l’eau de ne pas pénétrer, d'empêcher certains gaz agressifs comme le gaz carbonique de l’air de pénétrer car il est agressif vis-à-vis des aciers du béton. On met des barrières pour qu’il n’y ait pas d’autres évolutions qui font que ces fissurations deviennent à terme préjudiciables.


Propos recueillis par Aude Moutarlier (31/03/2011)

 
 
 
 



 
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