L'Institut Montaigne vient de passer au crible les comptes des dix plus grandes villes françaises. Concernant la dette cumulée, Marseille figure parmi la ville plus endettée par habitant, à 2.103 euros, alors que Toulouse affiche une dette de 141 euros à chacun de ses habitants. Précisions et interview de Bernard Gaudillère, maire adjoint de la Ville de Paris.

A moins de quatre mois des élections municipales -les 23 et 30 mars-, l'Institut Montaigne, a dévoilé, lundi 9 décembre, les comptes des dix plus grandes villes de l'Hexagone*. Recettes, dépenses, dette et solvabilité, consolidation avec l'intercommunalité, tout a été passé au crible.

 

Le contexte est majeur : les magistrats de la Cour des comptes ont rappelé, il y a deux mois, la situation difficile des finances publiques locales. En revanche, si les dotations de l'État sont gelées depuis 2008, les dépenses de ces villes ont continué à progresser fortement depuis de la dernière mandature, de + 4 % à Paris à + 27,1 % à Bordeaux. Au final, les dépenses d'équipements, financées par l'emprunt, ont progressé plus rapidement que les dépenses de fonctionnement, et notamment les dépenses de personnel qui sont même en baisse dans certaines villes comme Paris, Nice, Lyon ou Toulouse.

 

Focus sur la dette cumulée
Concernant la dette cumulée des dix plus grandes villes de France, elle frôle les 7 milliards d'euros et Marseille représente la plus endettée par habitant, à 2.103 euros, alors que Toulouse affiche une dette de 141 euros à chacun de ses habitants.

 

"Le niveau élevé de l'encours de dette et des charges financières constitue l'enjeu majeur des finances de la collectivité (Ndlr : Marseille)", pointe l'Institut Montaigne. La ville devrait s'endetter, d'après l'analyse, de 103 millions d'euros en 2014 pour financer son stade Vélodrome et le stade Delort (Ndlr : stade voisin).

 

Par ailleurs, la ville de Lille (1.539 euros par habitant) paie le prix des investissements de grande envergure. De son côté, Paris (1.444 euros par habitant) a nettement augmenté au cours de ces cinq dernières années. Entre 2008 et 2012, la dette de la capitale a augmenté de 40 % (soit 9 % par an en moyenne) et elle devrait atteindre 3,9 milliards fin 2013.

 

Enfin, parmi les villes les plus rigoureuses dans leur budget, on note que Strasbourg compte 353 euros par habitants et Toulouse 141 euros par habitant. D'une part, l'encours de dette de la ville de Strasbourg (122 millions d'euros) demeure, en effet, à un niveau faible par rapport aux autres grandes villes, malgré une augmentation de 8,8% depuis 2008.

 

D'autre part, la dette de Toulouse n'a augmenté que de 0,5 % depuis 2008 et représente 63 millions d'euros en 2012. Compte tenu du faible recours aux banques de la commune, les charges financières liées à la dette semblent d'après l'étude négligeables. De fait, elles étaient nulles en 2012 et représentaient 3.445 euros en 2011.

 

Quelles sont les perspectives pour les années à venir ?
Au final, les équipes municipales qui arriveront en 2014 vont trouver une équation financière complexe, estime l'étude. Non seulement l'État baissera les dotations des collectivités en 2014 et 2015, mais le "ras-le-bol fiscal" privera les maires des villes du recours à l'impôt. "Si les communes veulent continuer à investir, elles devront faire des économies sur leurs dépenses, notamment les dépenses de personnels qui représentent 52 % de leur budget de fonctionnement", conclut l'Institut Montaigne.

 

Méthodologie
L'étude "Municipales 2014: Chiffrages-Déchiffrages" analysées par l'Institut Montaigne présentent la situation des principaux paramètres financiers de chaque ville (Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Nantes, Nice, Paris, Rennes, Strasbourg, Toulouse): le budget et les dépenses de la commune, les principales recettes (impôts locaux, dotations de l'Etat, etc.), le niveau de son endettement et les liens financiers entre la ville et l'intercommunalité.

 

Les chiffres proviennent des données comptables centralisées par le ministère de l'Economie et des Finances et des documents budgétaires de la ville. Toutes les informations brutes sur la commune sont disponibles sur le site www.collectivites-locales.gouv.fr.

 

Découvrez dès la page 2, l'interview de Bernard Gaudillère, maire adjoint PS aux finances de la Ville de Paris.
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