Le président de la République a reçu, ce mardi 6 juin 2017, les ONG à qui il a promis une feuille de route sur la transition énergétique d'ici à la fin du mois. Il sera question de taxe sur les transactions financières pour mobiliser des fonds, de fiscalité du diesel, de prix du carbone ou de rénovation des logements.

Suite au retrait des Etats-Unis de l'Accord de Paris sur le climat, Emmanuel Macron a souhaité recevoir à l'Elysée les acteurs de la société civile engagés contre le réchauffement climatique, dont des associations de protection de l'environnement. Il leur a promis une "feuille de route" qui devrait être "validée d'ici quinze jours". Le président de la République, accompagné de Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, et de Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères, s'est notamment "engagé à soutenir l'instauration d'une taxe sur les transactions financières au niveau européen", déclare Morgane Créach, directrice du Réseau Action Climat (RAC).

 

Cette taxe Tobin, discutée depuis longtemps par une dizaine de pays, n'est jusqu'ici jamais devenue réalité. Ce prélèvement automatique, très faible, de l'ordre de 0,1 % par opération boursière, pourrait toutefois lever des fonds colossaux utiles au financement de la transition énergétique en Europe mais également dans les pays en développement, comme prévu dans le cadre de l'Accord de Paris. D'autres sujets pourraient être abordés dans cette feuille de route, dont l'alignement de la fiscalité du diesel sur celle de l'essence, ou encore l'évolution de la "contribution carbone" qui s'établit aujourd'hui à 30 euros la tonne de CO2 et qui devra régulièrement augmenter pour atteindre les 56 €/t dès 2020 puis 100 €/t dix ans plus tard.

La France a deux semaines pour prendre le leadership environnemental mondial

A la sortie de la réunion, les représentants des ONG se sont montrés soulagés. Jean-François Julliard, le directeur général de Greenpeace France, a précisé : "Après la posture affichée jeudi dernier par le président après l'annonce de Trump, on est rassuré sur l'intention". Même son de cloche pour Benoît Hartmann, le directeur général du CLER : "On va voir la feuille de route mais il y a un président qui affiche la volonté d'accélérer, de marquer des ruptures". Les acteurs de la transition attendent toutefois du concret et s'interrogent sur le contenu précis du document à paraître. Morgane Cléach renchérit : "Nous serons vigilants à ce que les chantiers essentiels de la lutte contre le changement climatique y figurent : transports, rénovation des logements, fiscalité, agriculture et alimentation, transition vers les énergies renouvelables". Une position partagée avec les autres ONG.

 

Benoît Hartmann estime que le président français "doit répondre aux attentes des acteurs de la transition énergétique en initiant, et en défendant, les réglementations les plus ambitieuses à toutes les échelles". Il souhaite que la France s'engage "à mettre en œuvre les moyens permettant d'atteindre les objectifs de la loi sur la Transition énergétique, en particulier la rénovation des bâtiments, la lutte contre la précarité énergétique ou le développement des énergies renouvelables". Le CLER espère que le pays défendra un objectif contraignant de 30 % d'amélioration de l'efficacité énergétique pour 2030 dans le cadre des négociations européennes sur le nouveau paquet de réglementations relatives à l'énergie dit "winter package". Tous espèrent que la France sera exemplaire sur la scène internationale afin de défendre les avancées obtenues lors de la COP21. Réponse avant la fin du mois de juin.
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