INDIGNATION. Plusieurs organisations représentatives des TPE-PME du bâtiment s'insurgent du choix du conseil régional d'Île-de-France d'avoir recours aux PPP pour la restructuration-maintenance de trois lycées.

"Nous demandons à Valérie Pécresse de mettre en cohérence ses paroles avec ses actes !" C'est ainsi que Renaud Marquié, délégué général du Syndicat national du second œuvre (SNSO), résume la prise de position de plusieurs organisations représentatives des TPE-PME du bâtiment (1) à l'égard de la présidente de la région Île-de-France. En cause, l'attribution par contrats de partenariat de trois restructurations-maintenance de lycées franciliens. D'après Jonathan Salmon, secrétaire général Capeb Île-de-France, cela représente en tout 5 milliards d'euros de travaux (dont un milliard pour la maintenance, un marché intéressant spécialement les artisans).

 

"Nous n'avons pas forcé Valérie Pécresse à dire dans les médias qu'elle aimait les PME", ajoute Renaud Marquié. "Aujourd'hui, avoir recours à ce type de contrats, c'est le meilleur moyen de les éloigner de ces marchés !" Pour ces organisations, qui ont écrit un courrier à la présidente le 19 janvier dernier (aucune réponse n'ayant pour l'instant été reçue), "ce choix de recourir au PPP est d'autant plus incompréhensible au regard de l'expérience malheureuse des METP (dénomination initiale des PPP), expérimentée par la Région Île-de-France entre 1988 et 1997, et qui s'est soldée par un scandale politico-financier assorti de lourdes amendes pour les majors du BTP pour entente".

 

"Nous ne voulons pas que les PPP deviennent une habitude !"

 

Par ailleurs, ce mode opératoire ne serait pas le meilleur en termes de qualité puisque, pour Jonathan Salmon, les groupes qui interviendront sur ces lycées passeront par des intermédiaires à "prix cassés". "Notre inquiétude ne porte pas uniquement et spécifiquement sur le cas de ces trois lycées. Nous voulons surtout que ce mode de passation de contrat ne devienne pas, à l'avenir, une habitude !" D'où le fait que les signataires de la lettre demandent à Valérie Pécresse de "renoncer au choix du PPP pour opter pour une opération conduite en maîtrise d'ouvrage publique conduite par la ville".

 

(1) Capeb Île-de-France, SNSO, CNATP, Cinov construction, Fedelec, Unsfa, Synamome.
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