UN PROJET/UNE PARTICULARITE. Grâce aux avancées technologiques, Bouygues pourrait finaliser le projet Hermitage Plaza en quatre ans et demi au lieu des six années prévues au lancement du projet. Ses promoteurs ont réussi à tourner à leur avantage les retards accumulés depuis 2007. Explications.

Les tours mixtes signées Hermitage pourraient voir le jour dans minimum quatre ans et demi. C'est ce qu'a annoncé, ce mardi 13 octobre, Emin Iskenderov, Président du groupe Hermitage, et Bernard Mounier, directeur général de Bouygues Bâtiment Ile-de-France. Les deux protagonistes ont d'ailleurs annoncé la signature d'un accord de participation minoritaire en capital du groupe Bouygues dans le projet Hermitage Plaza à La Défense.

 

C'est donc main dans la main que le promoteur/investisseur russe et le géant du BTP francilien vont s'atteler à concrétiser le projet dessiné par l'architecte britannique Norman Foster dès 2007. Car ce programme n'aura pas été un long fleuve tranquille… Il aura ainsi fallu deux ans d'instruction pour les permis de construire, trois années de plus pour qu'ils soient accordés, et encore trois ans supplémentaires pour qu'ils soient purgés de tous recours. Depuis cet été, c'est chose faite, avec le rejet prononcé par le tribunal administratif de Cergy-Pontoise de tous les recours en cours.

 

Méthodes de construction innovantes

 

« Au total, on peut estimer que le projet a pris deux années de retard, souligne Emin Iskenderov, à l'occasion de la signature ce mardi, mais deux ans qui nous ont finalement rendu service ». En effet, il a confirmé que le chantier durerait quatre ans et demi et non six comme prévu. Et cela grâce à l'expérience et au savoir-faire technique du groupe Bouygues Bâtiment Ile-de-de-France, qui mettra en œuvre une logistique de pointe et des méthodes innovantes.

 

Comment ? D'abord en créant un quai de chargement/déchargement qui assurera les flux de matériaux sur la Seine, ainsi qu'en installant une centrale béton dédiée au chantier. Ensuite, en imaginant un système de fondation inédit composé de trois « lobes » aux parois paramétriques formant le socle dans lequel s'inscriront les deux tours. Ces boîtes autostables, à l'effet « roues de vélo », comme le souligne Albin Dargery, directeur général adjoint de Bouygues Bâtiment, permettront un meilleur rendement et des temps de cadence augmentés. Fini les butons et autres tirants nécessaires pour une fondation classique.
En outre, grâce à cette structure, Bouygues mettra en place un cycle de construction des étages qui verra l'élévation d'un étage tous les trois jours, contre un étage tous les quatre jours en cycle traditionnel.

 

« En réalité, on construira deux paliers en six jours et un autre en sous-œuvre tous les trois jours, ce qui fera un étage entièrement réalisé tous les trois jours. Il y aura un cycle par étage pair, un autre cycle pour les étages impairs », nous explique-t-il. C'est en fait une technique utilisée en rénovation, et souvent pour les parkings, ajoute-t-il.

 

Des chiffres qui donnent le vertige

 

Le cahier des charges d'Hermitage Plaza reste identique au projet de départ, a assuré Emin Iskenderov, soit un ensemble d'une hauteur de 320 mètres, composé de logements (y compris 135 logements étudiants), d'un hôtel 5 étoiles, d'un restaurant et d'un bar panoramiques, d'espaces de bureaux, de commerces, d'équipements culturels, dont un auditorium et une galerie d'art. Aux pieds des tours, une place publique proposera des magasins et des cafés. Le tout pour un budget, qui lui aussi reste à l'identique, de 2.9 milliards d'euros.

 

Reste qu'une quinzaine de familles attendent encore d'être relogées avant le démarrage des travaux, dont la date sera dévoilée prochainement. « Elles habitent sur l'emprise relative au centre commercial derrière les tours, ce qui ne gênera en aucun cas le début du chantier. Mais nous privilégierons bien sûr leur relogement avant de commencer », conclut le président d'Hermitage.
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