JUSTICE. Les villes de l'Essonne qui devaient accueillir le Grand stade de rugby ont annoncé avoir déposé un recours devant le tribunal administratif de Versailles. Elles réclament plus de 54 millions d'euros de réparation à la Fédération française de Rugby (FFR).

Les communes de l'Essonne qui devaient accueillir le Grand Stade, supposé devenir le nouveau joyau du rugby français avant l'enterrement du projet par la fédération française (FFR), réclament "plus de 54 millions d'euros" de réparation devant la justice administrative. Les villes de Ris-Orangis, Bondoufle et la communauté d'agglomération Grand Paris Sud, qui avaient déjà signalé leur intention de saisir la justice en septembre, ont en effet déposé vendredi un recours devant le tribunal administratif de Versailles (Yvelines), selon un communiqué commun.

 

Elles réclament donc "plus de 54 millions d'euros" au titre du manque à gagner provoqué par l'abandon du projet. Celui-ci prévoyait de bâtir sur leur territoire une enceinte ultra-sportive à 35 km au sud de Paris, appelée à devenir le phare du rugby hexagonal. "Notre territoire a le droit au respect et en se désengageant de façon unilatérale, la FFR n'a pas respecté ses engagements", a estimé Francis Chouat, le président de la communauté d'agglomération, cité dans le communiqué.

 

Ce projet de Grand Stade de rugby a longtemps fait parler de lui. Il était prévu une immense structure de 82.000 places avec toit rétractable dont le montant était estimé à 581 millions d'euros hors taxes. Mais depuis ses débuts en 2011, le projet inquiétait par son ampleur: la Cour des comptes avait notamment estimé dans un rapport qu'il pouvait mettre en péril la santé économique de la FFR. Nommé à la tête de la fédération fin 2016, Bernard Laporte faisait partie des sceptiques. Il avait enterré le projet dès son arrivée aux commandes. Jusqu'ici, la FFR n'a montré aucune volonté d'indemniser les plaignants. Elle estime n'être liée que par un simple "contrat moral" envers les collectivités, avec qui elle avait signé un "accord-cadre". En revanche, elle prévoit de payer une pénalité financière au groupement Ibelys, avec qui elle avait signé le contrat constructeur du Grand Stade.

actionclactionfp