Nouvel épisode dans la bataille judiciaire du Stade Pierre-Mauroy (Nord) attribué au groupe de BTP Eiffage et signé en PPP. Un militant anti-corruption, à l'origine de la procédure, vient de déposer une nouvelle plainte par le biais de son avocat. Précisions.

Mercredi 26 novembre, la Voix du Nord a annoncé qu'une nouvelle plainte avec constitution de partie civile pour "favoritisme" a été déposée par Eric Darques, militant anti-corruption, à l'origine de la procédure, auprès du doyen des juges d'instruction du tribunal de Lille dans le cadre de l'affaire de l'attribution du Stade Pierre-Mauroy (Nord).

Irrégularités dans l'attribution ?

Alors que la juge Fabienne Atzori avait conclu, le 11 août dernier, à une prescription des faits dans l'affaire de faux en écriture, Éric Darques, cofondateur de l'association de lutte contre la corruption des élus Anticor, avait répliqué deux jours plus tard par le dépôt d'une nouvelle plainte, cette fois pour favoritisme. À charge pour le procureur de la République d'ouvrir une enquête ou de classer sans suite.

 

Très vite, Éric Darques a choisi de contre-attaquer par le biais de son avocat. "J'attends que l'on poursuive l'instruction", a justifié Éric Darques, dans La Voix du Nord pour lequel l'attribution du marché de la construction du Grand Stade est entachée d'irrégularités.

 

Pour rappel, c'est justement à la suite d'une plainte avec constitution de partie civile auprès du doyen des juges d'instruction déposée par ce spécialiste des questions financières, qu'une information judiciaire avait été ouverte le 1er octobre 2012 sur les conditions d'attribution au groupe de BTP Eiffage.

 

Éric Darques, souhaite toujours comprendre pourquoi, alors que le projet présentait un surcoût de 108,5 millions d'euros par rapport à celui de son principal concurrent - le consortium Norpac-Bouygues - c'est finalement le groupe Eiffage qui a remporté le chantier du Grand Stade de Lille.

 

A cette période, un rapport des services de Lille métropole communauté urbaine donnait ainsi l'avantage au projet de Norpac, qui coûtait effectivement 108,5 millions d'euros de moins que son concurrent : "34% d'écart, ce n'est pas rien!", avait-il commenté.

Une première plainte classée sans suite

D'ailleurs, une première plainte, simple, avait été déposée en janvier 2011 par l'ancien élu nordiste et elle avait été classée sans suite par le parquet "au motif que les éléments n'étaient pas avérés et que le tribunal administratif avait rendu une décision en disant qu'il (Eric Darques) n'avait pas qualité pour agir en pareil cas", avait expliqué le procureur de Lille.

 


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