INTERVIEW. Des motifs d'intérêts certains, mais aussi une grande déception. A l'issue de la présentation du plan France relance, la fédération EGF BTP, représentant les entreprises générales, est mitigée. Batiactu a interrogé Philippe Mazet, délégué général d'EGF BTP, qui, au-delà de la réaction immédiate, continue à avancer des idées pour voir aboutir les projets.


La présentation du plan France relance par le Gouvernement, le 3 septembre 2020, a suscité une réaction ambivalente pour les acteurs de la construction. En effet, si tous saluent l'effort général et les 100Mds€ mis sur la table pour relancer l'économie, la plupart se sont émus dans le même temps de la quasi absence de moyens dédiés à la construction neuve. C'est le cas d'EGF BTP, qui regroupe les entreprises générales du secteur. "Mais l'espoir n'est pas mort et nous continuons à nous battre pour le logement", confie Philippe Mazet, délégué général de la fédération dans un entretien à Batiactu, poussant par la même occasion quelques idées qui pourraient aider à "faire de la vraie transition énergétique".

 

Batiactu : Nous connaissons désormais les contours du plan France relance. Est-il à la hauteur de ce qu'une fédération comme EGF BTP pouvait en attendre ?

 

Philippe Mazet : Nous saluons l'effort. Le Gouvernement essaie de répondre à la crise économique et sociale, qui est imminente. Deux choses nous frappent cependant. D'un côté, nous exprimons notre intérêt, car il me semble qu'il ne s'agit pas de parvenir à une relance purement conjoncturelle, mais plutôt d'injecter des moyens pour accompagner des transformations plus structurelles : en matière de développement durable, de compétitivité… Le pays en a besoin, nos entreprises s'inscrivent dans ce schéma et s'engagent déjà dans la transition énergétique et la modernisation des territoires. Mais ce plan suscite aussi une grande déception.

 

Batiactu : Quelle est-elle ?

 

Ph.M. : Peu de moyens sont réservés à la construction de logements neufs, malgré les propositions que nous faisons, au côté d'autres fédérations, depuis des semaines, voire des mois. Nous le répétons, nous allons à la catastrophe : il manquera au moins 100.000 logements sur l'année par rapport au rythme habituel. Or, alors que la demande est forte, la production de logements est un enjeu national, et nous en avons besoin de tout type : privé, social, d'urgence - pour lequel nous pouvons apporter des solutions innovantes -, intermédiaire… Le Gouvernement doit rappeler cet enjeu, et il serait bien que les sous-préfets nommés à la relance portent également ce message, notamment là où il en manque le plus.

 

Batiactu : Le Gouvernement insiste pourtant beaucoup sur les moyens consacrés au logement dans le plan de relance, en matière de rénovation.

 

Ph.M. : Il y en a en effet, de ce point de vue, et il faut le saluer. Mettre en avant la rénovation est vertueux et même indispensable. D'ailleurs, nos entreprises sont engagées en ce sens. Cependant, la rénovation n'est pas l'alpha et l'oméga de la politique du logement.
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