NOMINATIONS. Le Premier ministre Gabriel Attal place la crise du logement parmi les "urgences" de son gouvernement. Il a également, ce 8 février 2024, complété son gouvernement : le Logement et les Transports ont été pourvus.

La crise du Logement est l'une des "urgences" du gouvernement de Gabriel Attal. Le Premier ministre l'a annoncé, ce 8 février, lors d'une interview donnée à nos confrères de France 2. "Il faut prendre des mesures fortes pour inciter à construire davantage, et il y aura des choses à annoncer", a-t-il promis. Avant de revenir sur le détail des pistes déjà évoquées. Tout d'abord, donner aux maires le pouvoir d'attribution sur le logement social ; mais aussi inciter à construire des logements pour les classes moyennes, à commencer par des logements intermédiaires. Autre avancée : l'identification de 30 territoires, "avant la fin du mois", sur lesquels les besoins en logements sont importants et urgents. Sur ces zones, "nous allons simplifier toutes les procédures", comme cela a été fait pour les projets des Jeux olympiques, a promis le Premier ministre. A la clé, du travail pour les entreprises du BTP, qui "n'attendent que ça", a-t-il aussi formulé.

 

Le gouvernement enfin au complet

 

Le gouvernement est, par ailleurs, enfin au complet, avec la nomination, ce 8 février 2024, de plusieurs ministres délégués et secrétaires d'État. Principale information qui intéressera les acteurs de la construction : la nomination de Guillaume Kasbarian au poste de ministre délégué en charge du Logement.

 

Guillaume Kasbarian, ministre délégué au Logement
Guillaume Kasbarian, ministre délégué au Logement © Capture Assemblée nationale

 

Député (Renaissance) de la première circonscription d'Eure-et-Loir, il était jusqu'ici président de la Commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale. Diplômé de l'Essec, il est à l'origine en octobre 2022 de la proposition de loi pour lutter contre les occupations illicites de logement loi dite "anti squat" du 27 juillet 2023. La "loi Kasbarian" facilite les expulsions et triple les sanctions contre les squatteurs. Elle punit également la publicité en faveur du squat et facilite la résiliation d'un bail. Avec Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique, Guillaume Kasbarian devra répondre à la crise du logement qui frappe actuellement la France et inquiète fortement les acteurs du secteur. Il succède à Patrice Vergriete, qui devient ministre en charge des Transports. Ce dernier était passé à la tête de l'Agence de financement des infrastructures de transport de France (Afit France) en 2023.

 

Sabrina Agresti-Roubache est par ailleurs promue ministre déléguée à la Ville et à la Citoyenneté. Roland Lescure reste ministre délégué chargé de l'Industrie, et récupère l'Énergie dans son giron - cette thématique étant dorénavant gérée à Bercy. Olivia Grégoire est, de son côté, nommée ministre déléguée chargée des Entreprises, du Tourisme et de la Consommation.

 

Logement : la pression est déjà mise sur le nouveau ministre

 

Alors que la crise du logement est une réalité que personne ne conteste, plusieurs organisations professionnelles de la filière n'ont pas tardé avant de réagir à la nomination de Guillaume Kasbarian. "Nous attendons avant tout du nouveau ministre du Logement qu'il aille vite dans la mise en œuvre des décisions de la loi de Finances pour 2024 et qu'il pèse dans les arbitrages à venir", a ainsi réagi Emmanuelle Cosse, présidente de l'Union sociale de l'habitat, par communiqué de presse. "Nous attendons également de lui une décision claire : il ne faut pas dégrader les efforts entrepris depuis des années pour lutter contre la ségrégation spatiale. Il ne faut pas abîmer la loi SRU."

 

"Nous félicitons Guillaume Kasbarian pour sa nomination. Son engagement pour le logement à l'Assemblée nationale, comme en témoigne son travail sur la loi 'Pour Protéger les logements contre l'occupation illicite' sont des gages d'un futur dialogue de qualité", réagit pour sa part Loïc Cantin, président de la Fnaim. "Nous espérons un rendez-vous au plus tôt afin de connaitre sa feuille de route et pour évoquer avec lui la situation du logement, et la première des urgences : soutenir le parcours résidentiel des Français, avec l'accession à la propriété mais aussi le secteur locatif. Il n'y a plus de temps à perdre."

 

Les dix organisations partenaires de l'Alliance pour le logement (FFB, USH, Fnaim, FPI, Pôle Habitat FFB, Procivis, Unis, Unne, Unsfa et Untec) félicitent également le nouveau ministre dans un communiqué commun. Mais avertissent : "Il est temps de mettre tous les moyens pour relancer, partout en France, la construction neuve et dynamiser la rénovation de logements, l'outil de production étant en train de se fragiliser, voire de se fracturer avec la perte annoncée de dizaines de milliers d'emplois qualifiés dans toute la filière. [...] L'Alliance pour le logement, qui a fait des propositions depuis longtemps, attend du nouveau ministre du Logement des décisions fortes et immédiates."

 

Le délégué général de la Fondation Abbé Pierre, Christophe Robert, s'est exprimé auprès de l'Agence France presse, espérant "que le nouveau ministre délégué au Logement sera plus attentif aux souffrances des mal logés et aux difficultés que connaissent nos concitoyens en matière de mal-logement qu'il ne l'a été au moment où il a porté une loi [anti-squat] qui a fait beaucoup de dégâts". Eddie Jacquemart, président de la Confédération nationale du logement, a déclaré sur franceinfo que son arrivée était "une véritable gifle à tout le secteur du logement" et une "déclaration de guerre aux locataires".

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