ARCHITECTURE. L'appel à manifestation d'intérêt national lancé mi-octobre vise à "constituer un vivier d'opérations représentatif de l'excellence française" en matière d'adaptation des logements, y compris existants. Des équipes comprenant maître d'ouvrage, architecte et collectivité sont invitées à y répondre.

Le Gouvernement a lancé, à l'occasion de la journée de restitution du cycle de tables-rondes "Habiter la France de demain", le 14 octobre, un appel à manifestation d'intérêt national pour améliorer la qualité des logements. Les objectifs, annoncés par la ministre du Logement, Emmanuelle Wargon, et la ministre de la Culture (en charge de l'architecture), Roselyne Bachelot : "trouver, par l'architecture, une réponse aux enjeux actuels et futurs du logement, et ce dans toutes ses dimensions : éthiques, techniques, procédurales, contractuelles".

 

Le programme "Engagés pour la qualité du logement de demain" entend concevoir des logements de qualité, d'un point de vue esthétique, environnemental mais aussi d'usage, tout en maîtrisant les coûts. A ce titre, "les architectes ont un rôle décisif à jouer", affirment les ministres. "De nouvelles solutions architecturales doivent être inventées, et de nouvelles manières de produire le logement doivent être expérimentées, intégrant mieux la collectivité et les habitants".

 

Adapter les logements, y compris existants, en particulier ceux construits depuis 1950

 

Cet appel à manifestation d'intérêt met en œuvre les propositions du rapport sur la qualité des logements sociaux, remis par Pierre-René Lemas en janvier 2021, et du rapport de la mission sur la qualité du logement de Laurent Girometti et François Leclercq, précise un communiqué. Ce programme, placé sous le signe de l'inventivité, a pour ambition de "constituer un vivier d'opérations représentatif de l'excellence française".

 

Pas moins de sept objectifs lui sont assignés. Le premier, et le plus général, consiste à "adapter le logement aux enjeux de demain en termes d'usages et de transition écologique". Mais l'AMI doit également permettre de faire émerger des solutions d'"adaptation continue des logements dans le temps" et "des solutions innovantes en particulier pour adapter de manière durable et abordable le logement construit au cours de la seconde moitié du XXe siècle". Il faudra pour cela "tester, expérimenter les modes de faire et les organisations des acteurs de la production du logement pour améliorer la qualité du logement et de l'habitat, tout en maîtrisant son coût" ; "révéler et accompagner les évolutions contractuelles des différents process expérimentaux" ; et "capitaliser, évaluer, transmettre et diffuser les pratiques pour assurer leur reproductibilité", précise le Gouvernement.

 

Des groupements maître d'ouvrage-architecte-collectivité attendus

 

L'AMI, qui court jusqu'au 18 février 2022, s'adresse à une équipe solidaire, constituée à terme d'un maître d'ouvrage public ou privé, d'une collectivité et d'un architecte. Ils sont appelés à expérimenter sur des problèmes concrets et des projets existants. L'expérimentation vise à renouveler les modalités de production de logements - collectifs, intermédiaires et individuels groupés - neufs ou ceux produits par la réhabilitation du parc existant.

 

Les équipes candidates devront répondre en particulier sur trois points saillants. Il leur faudra "renforcer la qualité d'usage du logement lui-même dans la conception et la production des logements", "interroger l'évolution des types d'habitation au regard des enjeux sociétaux et de la transformation des modes de vie, en s'intéressant aux transformations liées aux nouveaux usages" ; et enfin "réinterroger la chaîne de production pour inventer de nouveaux processus de projet et de nouveaux modes de contractualisation, tout en maîtrisant les coûts".

 

Un accompagnement en ingénierie et en visibilité

 

Les équipes lauréates seront accompagnées dans le cadre du projet par un "sceau d'excellence" portant le nom de l'AMI, qui signalera au plan national et international le projet et ouvrira le droit à des dérogations à la règle. Une centaine d'opérations seront valorisées à l'occasion d'événements locaux et nationaux pour diffuser les bonnes pratiques. Un accompagnement spécifique au sein d'un incubateur est également prévu. Il durera un an et sera disponible pour 20 équipes, "pour apporter une aide juridique, un soutien au montage d'opérations et un accompagnement scientifique afin de lever les points de verrous ou les freins sur l'opération". Enfin, un soutien financier en ingénierie pourra être apporté aux projets lauréats par la Caisse des dépôts, partenaire du programme, indiquent les ministères concernés.

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